Lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault, Premier ministre,
Lors d’une interview au quotidien La Croix, vous venez, à la suite du ministre de l’Éducation nationale Monsieur Vincent Peillon, de rejeter « la théorie du genre ». Pourtant la porte-parole de votre gouvernement avait en juin dernier expliqué que la théorie du genre n’existait pas.
http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2013/06/09/la-theorie-du-genre-nexiste-pas/
Elle relayait ainsi l’ensemble de ceux qui en sciences humaines travaillent sur les relations entre hommes et femmes dans nos sociétés et s’interrogent sur le genre. Voir : https://mnemosyne-asso.com/mnemosyne/le-genre/
Nous sommes une association d’enseignant-e-s et de chercheur-e-s qui travaillons sur l’histoire des femmes et du genre. Le genre n’est pas une théorie mais une catégorie d’analyse, une manière de considérer le sexe hors de sa dimension biologique, le « sexe social » si vous préférez. Il n’y a pas de gêne XX « rose », « vaisselle », « tendresse » ni de gêne XY « bleu », « moto » et « force ».
Aussi, face aux mouvements qui voient dans le genre une « théorie » subversive il serait urgent et nécessaire que vous souteniez au contraire une recherche qui depuis plusieurs années a rendu les femmes visibles dans l’histoire et a montré combien les différences entre hommes et femmes, combien le « genre » est une grille de lecture des sociétés qui en enrichit l’analyse.
Monsieur le Premier ministre, nous sommes heureux et heureuses de vous offrir « La place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte » ouvrage collectif publié par notre association et les éditions Belin et justement destiné à nos collègues de l’enseignement secondaire pour que le genre prenne toute sa place dans les programmes scolaires.
Veuillez, Monsieur le Premier ministre, recevoir nos respectueuses et féministes salutations.
Pascale Barthélémy et Fabrice Virgili
Présidente et Vice-Président de Mnémosyne
Le 3 octobre 2013
Pour rappel, l’extrait de l’interview au quotidien La Croix le 29/09/2013
« Certains évoquent l’introduction d’une « théorie du genre » à l’école. Faut-il s’en inquiéter ?
J.-M. A. : De quoi parle-t-on ? S’il s’agit de faire reculer les stéréotypes, je pense que tout le monde sera d’accord. En effet, il reste énormément de progrès à faire en matière d’égalité entre les hommes et les femmes. Ces dernières ont des salaires moins élevés, des progressions de carrière moindres et elles sont moins nombreuses à occuper des postes à responsabilités, y compris dans la haute fonction publique.
En revanche, il n’est pas question d’introduire je ne sais quelle idéologie à l’école ! Il n’est pas question d’un temps d’enseignement sur la théorie du genre, pas plus dans les programmes scolaires que dans la formation des enseignants. Le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, a été clair là-dessus. L’objectif, c’est la lutte contre les stéréotypes, et cela passe par l’école. Je pense par exemple au partage équilibré des tâches familiales entre les parents. »
Dans une lettre qui nous a été adressée le 14 octobre le Premier ministre nous remercie de lui avoir adressé La Place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte, (voir éditorial du 3 octobre 2013). Il écrit « Le gouvernement que je dirige a l’ambition d’ancrer dans le réel l’égalité entre les femmes et les hommes » et appelle à « un travail sur nos propres représentations, notamment dans les domaines de la recherche historique et de l’éducation ».
On espère que la lecture de La Place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte, lui sera profitable.
AVIS DE MISE AU CONCOURS
Dans le cadre d’un projet de recherche Sinergia financé par le FNS et portant sur l’histoire de l’allaitement maternel (« Lactation in history : a crosscultural research on suckling practices, representations of breastfeeding and politics of maternity in a European context »), nous mettons au concours
Un poste de postdoc à 80%
Descriptif du poste:
Le/la titulaire du poste sera un(e) spécialiste de l’histoire européenne de l’époque moderne. Il/elle sera appelé(e) à travailler sur des problématiques propres à l’histoire sociale et à la culture médicale dans le cadre du projet collectif sur l’histoire de l’allaitement maternel. Le champ d’étude spécifique comprendra l’étude de sources manuscrites (ego-documents, correspondances) et de textes médicaux européens, notamment francophones, pour les 17e et 18e siècles. Une sensibilité démontrée pour des approches genre sera un atout.
Le/la candidat(e) souhaité(e) devra être capable de travailler de façon indépendante et être à l’aise dans la collaboration avec une petite équipe. Il/Elle devra prendre part aux activités du groupe de recherche « Lactation in History », et publier ses résultats dans des revues internationales et en participant à un des projets de publication collective du groupe de recherche.
Qualifications demandées:
-Doctorat en histoire (époque moderne, siècles XVIIe-XVIIIe) ou titre jugé équivalent ;
-expérience de la recherche en archives ;
-compétences linguistiques requises : français (langue de travail), anglais et allemand ; la connaissance du latin est souhaitée.
Entrée en fonction: 1er janvier 2014
Institution de rattachement : Université de Genève, Institut d’Histoire de la Médecine et de la Santé.
Durée du contrat: Une année, renouvelable pour une période de deux ans (1+2).
Rémunération: la classe de rémunération dépend de l’expérience du candidat. Le montant maximum disponible pour ce poste est de 60’500 francs/ans (1ère année) à 66’300 francs/ans (3e année).
Délai de candidature: 30 novembre 2013
Documents requis :
* lettre de motivation
* C.V.
* copies des diplômes
* résumé de la dissertation de doctorat (max 2 pages)
* un projet personnel (en cours ou à réaliser) en rapport avec la thématique du projet (1-2 pages)
* 2 lettres de recommandation envoyées directement par les signataires (document PDF avec signature).
Les candidatures contenant les documents et les lettres de recommandation sont à envoyer par courriel aux adresses suivantes:
Daniela.Solfaroli(at)unige.ch; Andrea.Carlino(at)@unige.ch; Philip.Rieder(at)unige.ch.
Désirant associer tant des femmes que des hommes à l’enseignement et à la recherche, l’Université souhaite recevoir davantage de candidatures féminines.
Renseignements: pour de plus amples informations, contacter les responsables du projet.
Ce livre s’intéresse au rôle politique des femmes de l’aristocratie dans la Fronde et aux représentations dont il fait l’objet au XVIIe siècle, de façon à en faire apparaître les enjeux politiques, sociaux et culturels. Les actions accomplies, mais surtout les discours, les mises en scène et, plus généralement, toutes les stratégies de communication qu’emploient les Frondeuses et leur entourage pour intervenir dans la guerre civile sont examinés, ainsi que les témoignages des contemporains. Or, les sources écrites et la documentation iconographique révèlent une conception du pouvoir, du champ d’action des femmes et des rapports entre femmes et pouvoir bien plus ouverte et audacieuse que ne le laisse entendre la règle de l’exclusif masculin. Tous les projets politiques auxquels participent ces femmes, une quinzaine environ, sont considérés, du début de la régence d’Anne d’Autriche en 1643 à l’avènement du règne personnel de Louis XIV en 1661. Deux modes d’action principaux apparaissent : les interventions à caractère militaire des Amazones de la Fronde d’une part, celles qui relèvent de la diplomatie occulte accomplies par les « intrigantes » d’autre part. L’examen des moyens employés conduit à souligner l’ancrage des Frondeuses dans des réseaux familiaux, amicaux et clientélaires puissants où elles occupent des positions stratégiques. Pour plusieurs d’entre elles, l’analyse des actes et des discours avant, pendant et après les troubles civils pose la question d’une éventuelle démarche d’émancipation à caractère féministe
Les études sur le genre, qui ont connu un essor important depuis les années 1970, offrent de nouvelles clés pour appréhender les disciplines traditionnelles. Alors que la science politique se montre plus rétive que d’autres à la prise en compte des perspectives du genre, l’objet de cet ouvrage est de révéler leurs apports décisifs à l’analyse du politique.
Les notices de ce dictionnaire pionnier recensent les concepts, théories et objets canoniques de la science politique (citoyenneté, libéralisme, administration, partis politiques, mondialisation, etc.) en montrant le rôle central du genre dans leur genèse et leur maturation. Elles révèlent aussi le fonctionnement des inégalités entre les femmes et les hommes dans les partis, les assemblées, et la manière dont se fabrique et s’exprime le rapport entre les sexes dans les discours et les comportements politiques. Enfin, elles présentent les nouveaux concepts forgés par les spécialistes du genre (care, féminisme d’État, intersectionnalité, etc.).
Écrit dans une langue claire et accessible, fort d’une approche comparative entre études anglophones et francophones et d’une vaste bibliographie constituant un outil de référence indispensable, cet ouvrage tire aussi sa richesse de la contribution de plus de 50 spécialistes de différentes générations, qu’il s’agisse d’auteur.e.s qui ont créé des concepts ou mené les premières enquêtes sur le genre en politique, ou de jeunes chercheur.e.s qui les utilisent et les font vivre aujourd’hui.
http://www.pressesdesciencespo.fr/fr/livre/?GCOI=27246100050350
Catherine Achin et Laure Bereni (dir), Presses de Sciences Po, 2013.
Paul et Louise s’aiment, Paul et Louise se marient, mais la Première Guerre mondiale éclate et les sépare. Paul, qui veut à tout prix échapper à l’enfer des tranchées, devient déserteur et retrouve Louise à Paris. Il est sain et sauf, mais condamné à rester caché. Pour mettre fin à sa clandestinité, Paul imagine alors une solution : changer d’identité, se travestir. Désormais il sera… Suzanne. [D’après l’essai La Garçonne et l’Assassin, éditions Payot]
À l’image des mouvements qui les ont produites, les affiches féministes sont hétéroclites, foisonnantes, utopiques. Et contrairement aux affiches communistes, socialistes ou fascistes, elles n’ont pas été fabriquées par des partis ou des organisations centralisées et structurées, mais par des groupes pluriels. Leur production laisse davantage place à l’artisanat. Leur objectif est de rendre visibles les femmes, les oppressions qu’elles subissent ou leurs combats. Il s’agit aussi de convaincre de la légitimité de la revendication de l’égalité entre les sexes, et d’influencer les mentalités en changeant les images disponibles, en revalorisant la femme et en proposant des rôles sexués alternatifs. Les affiches féministes sont ainsi en dialogue avec celles des partis politiques, mais également avec celles de la culture de masse, en particulier la publicité. Et comme il n’y a pas un féminisme, mais une multitude, cela conduit à une grande variété de styles et de messages. Pour autant, il est possible de repérer des continuités dans les thèmes abordés. Les auteures en ont retenu six : la vie politique ; le travail ; la maternité et la famille ; la colonisation et l’immigration ; la création artistique ; l’institutionnalisation du féminisme. Au-delà des évolutions chronologiques, ces questions traversent, comme autant de fils rouges, les luttes des femmes du XXe et du XXIe siècle.
http://www.myboox.fr/livre/femmes-en-lutte-2233365.html
Bibia Pavard & Michelle Zancarini-Fournel,
Éditions Les Échappés, 2013.
L’armée, l’école et le pouvoir politique sont connus pour avoir fait évoluer les usages de l’exercice corporel, cependant la part de la médecine et des sciences reste encore relativement inexplorée. En effet, si la participation des médecins dans la formulation d’une « éducation du physique » ne fait pas mystère, elle constitue un processus difficile à appréhender et les formes de l’engagement médical demeurent floues et méconnues.
Autour de quelques individus, de quelques institutions et de périodes charnières, cet ouvrage se propose de combler ce vide en analysant les dynamiques de la constitution de pratiques d’exercice corporel « médicales »
http://www.editions-glyphe.com/f/index.php?sp=liv&livre_id=1502
Grégory Quin & Anaïs Bohuon, Paris, Éditions Glyphe, 2013.
Jusqu’au 30 septembre prochain, 7 panneaux illustrant par le texte et l’image les parcours de femmes résistantes de la Grande Guerre 14-18 dans la région Nord-Pas-de-Calais, sont visibles à l’Office de Tourisme de La Porte du Hainaut. Isabelle Vahé, historienne, est à l’origine de cette exposition rendant hommage à Louise de Bettignies , Angèle Lecat et la princesse Marie de Croÿ.
La princesse Marie de Croÿ a vécu une grande partie de sa vie au château de Bellignies, dans l’Avesnois. Elle a co-dirigé avec son frère un réseau de résistance qui évacuait les habitants du Nord, les soldats alliés ; les rapatriés des territoires envahis, en Angleterre via la Belgique et la Hollande. Elle fut arrêtée en septembre 1915 et jugée les 7 et 8 octobre à Bruxelles. Condamnée à 10 ans de travaux forcés, elle fut ensuite envoyée à la prison de Siegburg en Allemagne, près de Cologne, où séjourna quelques temps plus tard Louise de Bettignies. En prison, elle tomba gravement malade et refusa de fabriquer des munitions, comme le souligne un témoignage de sa résistance adressé à l’ambassadeur d’Espagne, visible sur l’un des panneaux de l’exposition.
Lectures musicales des lettres et des mémoires de la princesse de Croÿ
Lors des Journées européennes du Patrimoine, ce dimanche 16 septembre entre 14 heures et 18 heures, la Compagnie L’éléphant dans le Boa organisera toutes les 30 minutes, une « Création sur mesure, lettres de marie de Croÿ ». Cette animation consistera à des lectures musicales des lettres et des mémoires de la princesse de Croÿ.
L’exposition « Marie de Croÿ, une princesse résistante » est visible jusqu’au 30 septembre prochain à l’Office de Tourisme de La Porte du Hainaut, 89 Grand’Place à Saint-Amand-les-Eaux, de 10h à 12h et de 14h à 17h le lundi, de 10h à 12h et de 14h à 18h du mardi au samedi et de 10h à 12h30 le dimanche. L’entrée est libre et gratuite.
Les samedi 15 et dimanche 16 septembre, Isabelle Vahé sera présente le matin et l’après-midi, y compris le dimanche de 14h à 18 h, pour répondre aux questions notamment sur le projet de la maison Louise de Bettignies à Saint-Amand-les-Eaux.

















