Téléchargez le n° 55 de la Lettre de la FIRHF : IFRWH Newsletter Dec 2013
Fédération internationale pour la recherche en histoire des femmes / International Federation for Research in Women’s History
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Fédération internationale pour la recherche en histoire des femmes / International Federation for Research in Women’s History
Chers tous et toutes
Nous sommes heureux et heureuses de vous annoncer la parution du numéro 12-13 de la revue Genre & Histoire.
http://genrehistoire.revues.org/1635
Bonne lecture
Le comité de rédaction
Cher-e-s ami-e-s des Etudes genre,
Les informations sur notre Maîtrise en Etudes genre 2014-15 sont maintenant en ligne.
http://www.unige.ch/etudes-genre/master/Maitrise20142015.html
Nous vous remercions de diffuser dans vos réseaux.
Si vous désirez des flyers, n’hésitez pas à nous contacter.
Bien cordialement
Véronique Savary, secrétaire
Etudes genre-Sociologie-Faculté SES
Université de Genève
40, bd du Pont-d’Arve CH-1211 Genève 4
Ils sont des dizaines de milliers, nés entre 1941 et 1949. On les appelle les « enfants de Boches ». Ce livre-événement, qui a nécessité dix ans de recherche, éclaire leur destin et celui de leurs parents. Histoire de l’intime, histoire politique, histoire de la filiation, il aborde des thèmes comme l’amour et la maltraitance, le secret et la quête des origines, la réconciliation.
Fabrice Virgili, Petite Bibliothèque Payot, 2014
http://www.payot-rivages.net/livre_Naitre-ennemi-Fabrice-Virgili_ean13_9782228910286.html
Rien ne destine la jeune Louise de Bettignies, cultivée et polyglotte, née dans une grande famille désargentée du Nord de la France, catholique fervente, à devenir une véritable espionne et héroïne de la Grande Guerre.
En 1914, révoltée par l’invasion allemande de la Belgique et de sa ville de Lille, Louise s’engage au sein de l’Intelligence Service dont elle devient agent secret sous le pseudonyme d’Alice Dubois. Elle est chargée d’organiser un réseau d’évasion et de renseignements militaires, le réseau Ramble. Arrêtée par les Allemands en octobre 1915, jugée et condamnée à mort, la jeune femme est enfermée dans la sinistre forteresse de Siegburg où elle prend la tête de la rébellion des prisonnières. Punie de cachot, Louise en sort gravement malade et meurt faute de soins le 27 septembre 1918.
Mystique et avide de sacrifice, son courage lui vaut le surnom de «Jeanne d’Arc du Nord». À l’aide de documents familiaux inédits, Chantal Antier retrace les multiples épisodes de la vie de Louise de Bettignies, apporte un nouvel éclairage sur sa foi et son patriotisme, et fait surgir devant nous une femme résolument en avance sur son époque dont l’exemple ne doit pas tomber dans l’oubli.
Une Convention internationale qui s’impose aux États qui la ratifient
2013 : 30e anniversaire de la ratification, par la France,
de la Convention pour l’Élimination des Discrimination à l’Égard des Femmes (CÉDEF) 1.
Nicole Fouché, présidente de REFH, CNRS/Céna-Mascipo-EHESS,
Catherine Chadefaud, secrétaire générale de REFH, professeure d’Histoire en CPGE.
Courriel : reussir.egalitefh@orange.fr
En 1945, la communauté internationale proclame, dans la Charte des Nations Unies : « […] Le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ». Cette déclaration de principe — confirmée en 1948 par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la dite déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation » — quoique fondamentale, ne suffisait pas pour aligner les droits des femmes sur ceux des hommes : il fallait mettre en place des mécanismes de contrôle pour la réalisation et l’application du principe retenu.
L’ONU, après débats, avait considéré que ces questions des droits des femmes devaient être examinées dans des instances dédiées, d’où la création, au sein de la Commission des droits de l’homme, de la sous-« Commission de la condition de la femme », érigée en commission de plein exercice en 1947 (en anglais, CSW : Commission on the Status of Women ; en français, CCF : Commission de la condition de la femme). La CCF comptait 15 États membres à sa création (aujourd’hui 45). La CCF est alors chargée de présenter au Conseil économique et social de l’ONU (Ecosoc) des recommandations et des rapports sur les voies et les moyens :
1) de promouvoir les droits des femmes,
2) d’améliorer leur situation.
La CCF est ainsi à l’origine de plusieurs conventions soumises à la ratification des États membres : 1952 (droits politiques des femmes) ; 1957 (nationalité des femmes mariées) ; 1962, (consentement au mariage, l’âge minimum des mariages et l’enregistrement du mariage). La Commission est à l’origine de la désignation de l’année 1975 comme l’« Année de la femme » et de la conférence de Mexico, première conférence thématique de l’ONU sur le sujet. Elle sera suivie des conférences de Copenhague (1980), Nairobi (1985) et Mexico (1995) qui furent l’occasion d’une mobilisation croissante des ONG de femmes. Le texte adopté par les Etats à l’issue de la conférence de Mexico invitait la CCF à rassembler dans un même traité à valeur normative les objectifs en matière d’égalité des sexes.
Pendant quatre ans, la CCF rédigea ce qui allait devenir la Convention sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes (CÉDEF ; CEDAW de son acronyme anglais). Elle fut adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1979 et mise en œuvre en 1981 (après sa ratification par 20 États). La France a ratifié la CÉDEF en 1983. Cette Convention constitue une véritable synthèse des politiques encouragées par les féministes au cours des trois décennies précédentes. Elle envisage la promotion de l’égalité dans l’ensemble des droits : civils, politiques, sociaux, économique et de nationalité et prévoit des engagements concrets de la part des États membres pour en garantir l’exercice. Actuellement (2013) la CEDEF a été signée par plus de 90% des États représentés à l’ONU. Depuis 2000, un Protocole facultatif additionnel, ratifié par 70 États, dont la France, « judiciarise » la convention.
Les États qui ont ratifié la convention doivent remettre au secrétariat de l’ONU, dans l’année qui suit la ratification, un rapport dit rapport initial sur la situation de l’État au regard de ses engagements conventionnels et ensuite un rapport périodique, tous les quatre ans. Après consultation de ces rapports, le Comité d’experts de la CCF liste les principaux sujets de préoccupation et formule des recommandations aux États.
La CCF a inspiré, dans les années 1970, dans les instances intergouvernementales et nationales, la mise en place de services ou de ministères chargés des droits ou de la condition des femmes, d’abord au sein de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe, et désormais dans la plupart des États. On sait qu’en fonction des moyens qui leur sont accordés, l’influence de ces instances est plus ou moins importante… Aujourd’hui on parle d’inclure la notion de genre dans toutes les politiques. On le doit à la CCF qui continue à travailler sur de nouveaux droits.
Et en France ?
La dernière audition de la France devant le Comité, à Genève, date du 18 janvier 2008. Valérie Létard, alors secrétaire d’État à la Solidarité, a présenté le rapport gouvernemental, et Nicole Renault, le rapport alternatif de la Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF), établi grâce à la contribution d’associations membres. Ce rapport a pour objectif de compenser les lacunes du rapport officiel.
Les principaux thèmes abordés dans le contre-rapport traitent, par exemple, du contexte législatif et institutionnel, de la participation insuffisante des femmes à la vie politique et publique, de la persistance des stéréotypes sexistes, notamment dans l’éducation et le choix des métiers, des violences à l’égard des femmes dans le couple, des discriminations dans l’emploi, des discriminations vis-à-vis des femmes immigrées et des femmes d’outre-mer. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a ainsi pu porter devant le Comité une note virulente sur la politique française sur la traite des femmes, politique qui criminalise les victimes au lieu de les protéger.
Les experts ont tenu compte de ces remarques.
Par ailleurs ils ont émis un certain nombre de recommandations. Le gouvernement français était incité :
Pour les « ouvrières » du rapport alternatif, cette occasion est précieuse. Elle ne permet pas seulement de faire remonter un ensemble d’informations : « C’est en travaillant sur le contre rapport en 2003 qu’a été découvert que les filles étaient mariables à 15 ans et les garçons à 18 ! », explique Bernice Dubois, de la Clef. C’est à cette observation que l’on doit, trois ans plus tard, l’alignement à 18 ans inscrit dans la loi française.
Les prochains rapports du gouvernement français (les 7e et 8e) doivent être soumis au Comité d’experts cette année. Le Ministère des Droits des femmes est en pleine rédaction ainsi que la CLEF (pour le rapport alternatif), au nom des associations du collectif.
Les Françaises ont toujours été très actives dans les instances onusiennes garantes de la CÉDEF : Marie-Hélène Lefaucheux, Jeanne Chaton et Marcelle Devaud. Plus récemment encore (2013), le mandat de Françoise Gaspard au Comité d’experts (2001-2008) a été suivi par la nomination de Nicole Ameline, ancienne ministre de la Parité et de l’Égalité professionnelle, comme représentante de la France au Comité d’ expert-e-s , puis par l’élection en 2013 de Nicole Ameline à la Présidence du Comité Cedef. Cette élection permet à la France de prendre un rôle de pilote pour la CEDEF.
Malgré leurs efforts réitérés, accompagnés par la levée récente (octobre 2013) des dernières réserves de la France à l‘application de la Convention pour l’élimination des discrimination à l’égard des Femmes 1 (CÉDEF), celle-ci peine à prendre, dans l’opinion publique française, sa place de texte fondateur. Quelques frémissements sont cependant observés.
Souhaitons que les années 2013 et 2014, qui commémorent le 30e anniversaire : d’une part, de la ratification de la France (1983), d’autre part, de l’application (1984), par la France, de la Convention et de son protocole additionnel, soient l’occasion d’une prise de conscience qu’un outil juridique international est à la disposition des femmes pour faire valoir leurs droits.
Ce texte a été compilé (15 novembre 2013) par deux membres du bureau de l’association « Réussir l’égalité femmes-hommes » (REFH) et relu par Françoise Gaspard.
Notes :
1) L’acronyme anglais est CEDAW (Convention on the Elimination of all Forms of Discrimination Against Women)
2) www. egalite-infos.fr/2010-12-21
3) Bibliographie :
Texte complet, en français, de la Convention :
http://www2.ohchr.org/french/law/cedaw.htm
Texte complet, en français, du Protocole additionnel :
Article de Chantal Antier, » Deux femmes oeuvrant dans la Grande Guerre : Louise de Bettignies et la reine Elisabeth », Revue historique des armées, 2013, n°272 « Aux armes citoyennes », p.51-60.
Venant après deux autres, consacrés aux périodes 1750-1810 et 1600-1750, ce recueil poursuit l’exploration de l’ample controverse qui, durant plusieurs siècles, agita la France (et au-delà d’elle une bonne partie de l’Europe) à propos de la place et du rôle des femmes dans la société. Il remonte aux premiers temps de cette polémique, dont la « querelle du Roman de la Rose » entre Christine de Pizan et de grands intellectuels parisiens constitua le premier épisode retentissant, pour se clore sous le règne d’Henri IV, monté sur le trône après dix ans de guerre civile et de débats incessants sur la « loi salique » – prétendue règle d’exclusion des femmes de l’héritage de la Couronne. Il couvre ainsi l’une des périodes les plus prolixes sur le sujet, notamment en raison de la naissance de l’imprimerie, qui joua là un rôle majeur.
Revenant à nouveaux frais sur les textes canoniques de la Querelle, cet ouvrage s’attache également à des sujets, à des œuvres, à des lieux qui jusqu’alors n’y semblaient pas reliés, comme la création des premiers salons (l’une des réponses à l’essor des universités et des collèges accessibles aux seuls hommes), ou comme l’interminable « querelle de la Belle Dame sans merci », qui vit s’affronter les partisans et les adversaires du libre choix des femmes en amour. L’ensemble met en évidence à quel point le savoir et le pouvoir furent au cœur des échanges entre misogynes et philogynes, entre « champions des dames » et antiféministes. À quel point, aussi, celles et ceux qui voulaient l’égalité surent construire des espaces de résistance et des argumentaires qui allaient servir aux siècles suivants – et finalement mettre en échec le monopole des hommes sur ces domaines stratégiques.
https://publications.univ-st-etienne.fr/product.php?id_produit=865
Armel DUBOIS-NAYT, Nicole DUFOURNAUD,Anne PAUPERT, Publications de l’Université de Saint-Etienne, 2013.
Alors que les femmes ont toujours constitué une part importante des flux d’immigration en France, la dimension sexuée du phénomène a été très peu étudiée par les historiens. L’entre-deux-guerres, période exceptionnelle d’immigration, méritait qu’on s’y intéresse. Comment représente-t-on les hommes et les femmes immigrants ? L’immigration des femmes est-elle envisagée différemment de celle des hommes ? La France a-t-elle besoin d’une immigration féminine ? Le genre de l’étranger joue-t-il sur son droit au séjour et au travail ? L’accès à la nationalité française est-il équivalent pour les hommes et les femmes étrangers ?
Par l’étude de milliers de dossiers et de sources diverses et originales, l’auteure, qui travaille avec bonheur les jeux d’échelles – du national au local à travers l’exemple marseillais –, analyse avec finesse des représentations, des politiques, des parcours et des pratiques administratives. Remarquable contribution au savoir sur les migrations dans une perspective genrée, ce livre démontre plus largement qu’une analyse intégrant le genre est incontournable pour mieux comprendre la construction des États-nations et des citoyennetés.
http://catalogue-editions.ens-lyon.fr/fr/livre/?GCOI=29021100644000
La table ronde Guerres, femmes et genre : la guerre a-t-elle un sexe ? a été un grand succès, la superbe salle du Conseil Général était bondée ce vendredi. Animée par Louis-Pascal JACQUEMOND (inspecteur d’académie honoraire, inspecteur pédagogique régional) les quatre intervenant-e-s ont répondu pour chaque période à la question de la pertinence des stéréotypes qui font des femmes des victimes et des hommes les principaux acteurs de la guerre, puis sur la pérennité des bouleversements provoqués par la guerre une fois celle-ci terminée. Puis ce fut au tour du public de poser de nombreuses questions.
Vous pouvez écouter l’intégralité des interventions de cette table ronde co-organisée par le Conseil scientifique des Rendez-vous de l’histoire et notre association.
avec
Aurélie DAMET, maîtresse de conférences à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, histoire grecque.
Claude GAUVARD, historienne, professeure émérite à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, histoire médiévale.
Véronique GARRIGUES, docteure en histoire à l’université de Toulouse II, histoire moderne.
Fabrice VIRGILI, directeur de recherche au CNRS, histoire contemporaine
POUR ALLER PLUS LOIN
Plusieurs chapitres et dossiers de La Place des femmes dans l’histoire Une histoire mixte portent sur le sujet :
p.20 : Dossiers Masculin et féminin dans l’épopée homérique
un document parmi d’autres : « Réactions des hommes et des femmes à l’annonce de la mort de Patrocle »
p.102 : Dossier, Jeanne d’Arc, histoire et mythes
p.165 : Dossier, La place des femmes dans l’imaginaire politique
un document parmi d’autres : Les femmes et la paix civile : l’exemple de l’enlèvement des Sabines.
p.265 : Chapitre 24, La Grande Guerre
p.311 : Chapitre 28, La Seconde Guerre mondiale
p.321 : Chapitre 29, La France des années noires
p.363 : Dossier, Les Femmes dans la guerre d’Algérie
p. 378 Dossier, Le Viol comme tactique de guerre
pour mieux connaitre les intervenants de la table ronde :
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