Ce livre est le résultat d’un travail colossal. Durant des mois, conservateurs et historiens ont exploré les Archives nationales avec pour objectif de rassembler pour la première fois les minutes de procès faits aux femmes. Des sorcières aux empoisonneuses, des communardes aux tondues de la Libération, ce sont les extraits les plus saisissants qui sont remis en scène.

Sur des procès verbaux d’interrogatoires ou des « auditions de bouche », face à des juges ou des témoins, ces paroles de femmes, par le truchement du document en fac-similé, résonnent à vif. Certaines sont émouvantes, comme celles de cette jeune femme analphabète accusée de sorcellerie et qui sera brûlée vive, d’autres, venant de Louise Michel ou Arletty, sont des morceaux de bravoure.

Mais d’un interrogatoire à l’autre, par la manière même dont il est mené, ce qui se dessine est plus frappant encore : la femme avant même d’être jugée, est « présumée coupable ».

http://www.editions-iconoclaste.fr/spip.php?article2321

1507-1Elisabeth Badinter, Fanny Bugnon, Pierre Fournié, Claude Gauvard, Michel Porret, Annick Tillier, Fabrice Virgili

Paris, L’Iconococlaste, 2016

 

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Parmi les différents projets proposés au vote des Parisien.ne.s dans le cadre du « budget participatif » de la Mairie de Paris, le projet n°7 s’intitulait « Pour une bibliothèque des femmes et du féminisme ».

Cette initiative ne pouvait, sur le principe, qu’emporter l’adhésion et pour cette raison nous avions relayé ce projet.
Cependant, depuis des informations plus précises avaient de quoi nous inquiéter. Et si finalement le projet n’a pas été retenu par le vote, notre inquiétude ne disparaît pas.
Aussi, pour un projet ambitieux de bibliothèque d’histoire des femmes et du féminisme à Paris Mnémosyne est signataire de cette pétition, et vous appelle à la signer également

Cette correspondance présente la relation que la romancière, Georges de Peyrebrune, a entretenue avec une dizaine de ses contemporaines, entre 1881 et 1917. Toutes étaient littératrices et, comme elle, étaient membres du jury du prix Vie heureuse et affiliées à la Société des gens de lettres.

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édition de Nelly Sanchez, Classiques Garnier, Correspondances et mémoires, 2016.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

https://www.classiques-garnier.com/editions

 

Le nouveau n° de Genre & Histoire est en ligne
17 | Printemps 2016

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Proposé par le groupe « Genre et classes populaires1 », ce dossier de Genre & Histoire s’intéresse à la construction mutuelle des rapports de genre et de classe in situ, c’est-à-dire dans les lieux précis où ils sont produits, négociés, contestés. Cette articulation, appliquée aux classes populaires en France du XVIIIe au XXe siècle, constitue l’objet de réflexion et d’investigation central du séminaire que le groupe organise depuis 2011 à l’Université Paris I-Panthéon-Sorbonne. Les cinq contributions réunies ici sont issues de présentations faites dans le cadre du séminaire entre 2012 et 2014, elles ont pour ambition commune de soumettre le lieu à l’épreuve du genre et des classes populaires.

Sous la direction de Anaïs Albert, Fanny Gallot, Katie Jarvis, Anne Jusseaume, Ève Meuret-Campfort, Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust

 

Le Front populaire est une « embellie » porteuse de congés payés, de mixité, de démocratisation des loisirs et de diminution du temps de travail. Les femmes y tiennent une place inédite, au sein du gouvernement, dans les grèves ouvrières, les occupations d’usines mais aussi sur la route des vacances et dans les auberges de jeunesse. Un vent de liberté semble souffler sur leur histoire.
Pour la première fois, Léon Blum nomme des femmes sous-secrétaires d’État, alors même qu’elles n’ont pas acquis les droits de vote et d’éligibilité. Ces droits, le Front populaire ne les leur accordera pas. Les conventions collectives comme les accords salariaux entérinent les inégalités entre hommes et femmes, favorisant seulement les droits liés à la maternité et à la famille. Malgré des promotions par l’enseignement ou le barreau et la suppression de l’incapacité juridique des épouses, la déception des féministes est grande.
Louis-Pascal Jacquemond dresse un panorama vivant des femmes de toutes conditions sous le Front populaire. Il montre un bilan immédiat mitigé mais aussi, et surtout, l’apparition d’une nouvelle génération dont l’engagement se prolongera, quelques années plus tard, dans la Résistance.

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Louis-Pascal Jacquemond, Belin, 2016.

http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-l-espoir-brise-27848.php

 

 

En trois siècles et demi d’existence, l’Académie a beaucoup travaillé à masculiniser le français. Porte-bannière des partisans du «genre le plus noble», ce vestige de la monarchie absolue mène depuis le milieu des années 1980 une croisade contre la «féminisa­tion», en dépit des besoins langagiers d’une société où l’égalité des sexes progresse – en dépit, surtout, des logiques de la langue française et des évolutions à l’œuvre dans les autres pays francophones. Sans se soucier de remplir le rôle pour lequel l’entretiennent les contribuables, les Immortel·les en habit vert campent sur des positions purement idéologiques, en proférant des sentences qui se veulent paroles d’Évangile alors qu’elles vont à rebours des dynamiques du français. Les «Quarante», il est vrai, ne sont ni grammairiens, ni linguistes, ni philologues… et pas toujours écrivains.

L’Académie contre la langue française retrace cette guerre de trente ans, menée à coup de déclarations aussi péremptoires qu’infondées, réactionnaires et sexistes, face auxquel­les les protestations n’ont pas manqué. Il permet également de faire le point sur les objets de ces controverses, et de comprendre pourquoi la France a fini par entamer sa «révolution langagière» envers et contre les avis des Messieurs-Dames du Quai Conti.

http://www.editions-ixe.fr/content/lacademie-contre-la-langue-francaise

acad.1re-couv sous la direction d’Éliane Viennot, éditions iXe, 2016.

Ce livre retrace le dialogue de longue durée entre les extrêmes droites italiennes et françaises depuis le début des années 1960. De ces relations d’abord personnelles naissent de véritables réseaux qui bénéficient du soutien bienveillant des régimes dictatoriaux portugais et espagnol. Certains des membres de cette « communauté de combat » occidentale participent à la série d’attentats du terrorisme « noir » qui frappent l’Italie à partir de 1969.

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Liaisons dangereuses-Picco-2

Pauline Picco, PUR, 2016,

http://www.pur-editions.fr/detail.php?idOuv=4085

Poursuivant sa grande enquête au cœur de l’exception politique française, Éliane Viennot aborde ici, après L’invention de la loi salique (ve-xvie siècle) et Les résistances de la société (xviie-xviiie siècle), la période cruciale qui va de la Révolution à l’Empire. Par l’étude de nombreux documents d’époque, elle montre que les femmes de ce temps, habitées par des modèles d’héroïnes que l’Ancien Régime n’avait cessé de célébrer, se sont investies dans la «régénération de la patrie» avec un enthousiasme identique à celui des hommes, revendiquant haut et fort l’exercice des mêmes droits. Mais que les hommes au pouvoir, nourris de l’idéal rousseauiste de la « séparation des sphères » autant que d’Histoires de France vidées de toute référence aux femmes, n’ont eu de cesse de renforcer le «privilège masculin» – et cela quels que soient leurs désaccords.

Mettant fin à des pouvoirs féminins séculaires, réservant à leur profit la citoyenneté et les améliorations du système scolaire, confortant leurs positions en légiférant sur le divorce et l’héritage, travaillant à un Code civil garant des puissances paternelle et maritale, s’activant à faire taire les contestataires, ces hommes ont jeté les bases d’un ordre masculin qui, sous couvert d’égalité, de liberté et de modernité, perdurera jusqu’à la fin du  xxe siècle en essaimant dans une bonne partie du monde.

Pièce jointe Mail

 

 

 

 

 

 

 

Eliane Viennot, Perrin, 2016.

 

 

 

 

http://www.editions-perrin.fr/livre/et-la-modernite-fut-masculine-1789-1815-/9782262064310

 

 

 

 

 

 

 

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Manières d’apprendre

Le genre des apprentissages : contraintes et contournements

(Antiquité – époque contemporaine)

Coordination

Ulrike Krampl (Tours), Dominique Picco (Bordeaux-Montaigne), Marianne Thivend (Lyon 2)

Argumentaire

L’éducation constitue pour l’histoire du genre un objet d’étude stratégique puisque l’accès aux savoirs formalisés et leur validation institutionnelle agissent comme des facteurs majeurs de différenciation sociale et de genre ; tenter d’y introduire davantage d’égalité inspire jusqu’à nos jours des réticences très vives. Cependant, l’école proprement dite n’a concerné, jusqu’au XIXe siècle, qu’une minorité essentiellement masculine de la population européenne, et les inégalités d’accès à l’éducation scolaire, notamment secondaire, technique et supérieure, sont restées fortes pendant une bonne partie du XXe siècle ; en témoignent la composition des effectifs d’élèves et d’enseignant.es, les programmes ou encore les politiques éducatives qui constituent des objets privilégiés de la recherche récente en histoire de l’éducation. Si l’école joue aujourd’hui un rôle crucial, l’éducation ne se réduit guère au cadre scolaire mais comprend, au sein d’un même parcours de vie, différents modes et lieux d’apprentissage qui peuvent alterner ou se mêler, qu’ils soient mixtes ou non, publics ou domestiques, institutionnalisés ou informels, intégrés ou, au contraire, distincts de la socialisation et de l’initiation professionnelle. Tenir compte de cette dimension composite de l’éducation invite non seulement à étudier au même titre garçons et filles, y compris lorsque la socialisation et l’organisation scolaire les séparent, mais aussi à appréhender un ensemble plus large de facteurs qui façonnent le genre des apprentissages.

Se situant à la croisée de l’histoire de l’éducation, de l’enseignement et de la formation, aussi bien que de l’histoire de l’enfance et de la jeunesse et plus largement de la socialisation, ce dossier thématique de Genre & Histoire propose de s’affranchir du cadre scolaire et de s’intéresser aux multiples manières d’apprendre que mettaient en œuvre les femmes et les hommes du passé – et ce à tous les âges. Nous souhaitons en effet saisir la diversité des traductions concrètes, et parfois discontinues, des parcours d’apprentissage qui constituent des ressorts essentiels de la fabrique du genre qui, du coup, font du genre une catégorie évolutive. Car les identités sexuées et socio-culturelles se construisent à travers l’acquisition des savoirs et savoir-faire, dont les lieux et les objets, les méthodes et les finalités sont eux-mêmes marqués par une série de hiérarchies socio-culturelles. En choisissant le verbe « apprendre », nous souhaitons d’emblée mettre l’accent sur les pratiques de celles et ceux qui acquièrent les savoirs et savoir-faire. Par ailleurs, privilégier les apprentissages amène à élargir le regard et à interroger à la fois les approches institutionnelles ou scolaires et les pratiques informelles et occasionnelles, autodidactes et collectives, souvent difficiles à saisir mais d’une importance capitale notamment pour celles et ceux qui se trouvent en situations d’exclusion des savoirs formalisés ; situations dont il importera de préciser la configuration (normes religieuses, domination coloniale, société d’ordres et/ou esclavagiste, violences économiques, etc.), en tenant compte, dans une perspective d’intersectionnalité, de l’ensemble des facteurs qui structurent le social. Ce parti pris invite enfin à étudier les rapports qu’entretenaient entre eux, selon les moments et les lieux, les époques et les cultures, les différents modes d’apprentissage pour former des parcours-type ou au contraire celui de chemins singuliers.

Les thématiques suivantes pourraient être abordées :

– Objets

* s’approprier des savoirs et savoir-faire associés à l’« autre » sexe (latin, théologie, histoire, géographie, sciences, langues, couture, prendre soin de l’autre, etc.)

* corps, âme, esprit ; pratiques physiques, spirituelles, intellectuelles ; travail manuel/travail intellectuel ; expérience affective

* instruction religieuse et apprentissages

– Lieux et parcours

* quels lieux pour quelles pratiques et pour quel sexe : famille, atelier, comptoir, école, lieux religieux, voyage, promenade, sortie scolaire, colonie de vacances, bibliothèque, syndicats, partis politiques, lieux de sociabilité, etc.

* parcours d’apprentissage : pluralité et coexistence (parfois conflictuelle) des pratiques d’acquisition scolaires et parascolaires, autodidaxie, expérience pratique, choix confessionnels, etc.

* manières d’apprendre et mobilités géographiques : de l’échange d’enfants à Erasmus

– Economie et apprentissages

* le coût différencié des apprentissages

* économie familiale et transmission des savoirs et savoir-faire

* apprendre en temps de crise (guerre, crise économique, déplacements forcés, mouvements armés, clandestinités, etc.)

– Médias et médiations

* par quel.les médiateur.rices passe la transmission et la scolarisation des savoirs et savoir-faire ? Outre les enseignant.es et éducateur.rices, qu’en est-il des acteur.rices religieux.ses ou spritituel.les, de la famille (pères, mères, frères, sœurs, oncles, tantes, grands-parents, etc.), des maître.sses particulier.ères et domestiques, des collègues de travail, camarades de jeu et voisin.es, des organisations politiques, etc. ?

* médias et autonomie d’apprentissage : écrit/oral, usages de l’imprimé, de l’image, internet, médias sociaux, etc.

* pratiques solitaires, pratiques collectives, pratiques en réseaux et connectées

* quelles pratiques pour apprendre : observer, jouer, réciter, imaginer, répéter, danser, écouter, dessiner, bachoter, toucher, manipuler, imiter, chanter, construire, sentir, prier, faire du sport, recopier, rêver, apprendre par cœur, inventer,…

Langues

Genre & Histoire publie des articles en français, anglais, allemand, italien et espagnol.

Les propositions (2000 signes, bref CV, liste des publications relevant de la thématique) peuvent porter sur toutes les périodes historiques, tous pays ou aires culturelles, en adoptant une approche comparée/croisée ou non, et sont à adresser à

contact@genrehistoire.fr

jusqu’au 6 juin 2016.

 

Procédure

L’acception des textes se fait en deux temps : après une sélection des propositions par le comité de rédaction de Genre & Histoire, l’acceptation définitive dépendra de deux avis de lecture anonymes.

 

Calendrier indicatif

– Acceptation de la proposition de contribution : début juillet 2016

– Remise des articles (35-40000 signes, notes et espaces compris) : 31 décembre 2015

– Réponse définitive suite à une double expertise anonyme : 15 mars 2017

– Remise de la version finale : 15 juin 2017

– Parution du numéro : automne 2017

Dans la continuité du numéro précédent consacré à la cause des femmes, ce nouveau volume de Lumières se propose de revenir sur les réalités et les représentations de la condition des femmes dans l’Europe du XVIIIe siècle. Même si le statut le plus fréquent des femmes demeure alors le mariage, certain-e-s sont très critiques sur la situation des épouses tandis que d’autres réfléchissent à l’alternative possible que constitue le célibat. En matière d’éducation des filles, si la postérité a surtout retenue les propositions de Jean-Jacques Rousseau pour faire de Sophie la compagne soumise d’Émile, d’autres envisagent qu’une instruction différente pourrait transformer totalement la situation des femmes dans la société. Si peu de compétences professionnelles sont alors reconnues aux femmes, certaines revendiquent la reconnaissance de celles-ci non seulement en littérature mais aussi en obstétrique.

http://pub.u-bordeaux3.fr/index.php/revues/lumieres/la-condition-des-femmes-dans-l-europe-du-xviiie-siecle.html

COUV LUMIERES 24-2

sous la direction de Dominique Picco et Marie-Lise Paoli, PUB, 2015.