Logo-REFH

Une Convention internationale qui s’impose aux États qui la ratifient

2013 : 30e anniversaire de la ratification, par la France,

de la Convention pour l’Élimination des Discrimination à l’Égard des Femmes (CÉDEF) 1.

 

Nicole Fouché, présidente de REFH, CNRS/Céna-Mascipo-EHESS,

Catherine Chadefaud, secrétaire générale de REFH, professeure d’Histoire en CPGE.

            Site www.reussirlegalitefh.eu

Courriel : reussir.egalitefh@orange.fr

 

            En 1945, la communauté internationale proclame, dans la Charte des Nations Unies : « […]  Le respect des droits de l’homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion ». Cette déclaration de principe — confirmée en 1948 par la Déclaration universelle des Droits de l’Homme « Chacun peut se prévaloir de tous les droits et de toutes les libertés proclamés dans la dite déclaration, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation » — quoique fondamentale, ne suffisait pas pour aligner les droits des femmes sur ceux des hommes : il fallait mettre en place des mécanismes de contrôle pour la réalisation et l’application du principe retenu.

L’ONU, après débats, avait considéré que ces questions des droits des femmes devaient être examinées dans des instances dédiées, d’où la création, au sein de la Commission des droits de l’homme, de la sous-« Commission de la condition de la femme », érigée en commission de plein exercice en 1947 (en anglais, CSW : Commission on the Status of Women ; en français, CCF : Commission de la condition de la femme). La CCF comptait 15 États membres à sa création (aujourd’hui 45). La CCF est alors chargée de présenter au Conseil économique et social de l’ONU (Ecosoc) des recommandations et des rapports sur les voies et les moyens :

1) de promouvoir les droits des femmes,

2) d’améliorer leur situation.

La CCF est ainsi à l’origine de plusieurs conventions soumises à la ratification des États membres : 1952 (droits politiques des femmes) ; 1957 (nationalité des femmes mariées) ; 1962, (consentement au mariage, l’âge minimum des mariages et l’enregistrement du mariage). La Commission est à l’origine de la désignation de l’année 1975 comme l’« Année de la femme » et de la conférence de Mexico, première conférence thématique de l’ONU sur le sujet. Elle sera suivie des conférences de Copenhague (1980), Nairobi (1985) et Mexico (1995) qui furent l’occasion d’une mobilisation croissante des ONG de femmes. Le texte adopté par les Etats à l’issue de la conférence de Mexico  invitait la CCF à rassembler dans un même traité à valeur normative les objectifs en matière d’égalité des sexes.

Pendant quatre ans, la CCF rédigea ce qui allait devenir la Convention sur l’élimination des discriminations à l’égard des femmes (CÉDEF ; CEDAW de son acronyme anglais). Elle fut adoptée par l’Assemblée générale de l’ONU en 1979 et mise en œuvre en 1981 (après sa ratification par 20 États). La France a ratifié la CÉDEF en 1983. Cette Convention constitue une véritable synthèse des politiques encouragées par les féministes au cours des trois décennies précédentes. Elle envisage la promotion de l’égalité dans l’ensemble des droits : civils, politiques, sociaux, économique et de nationalité et prévoit des engagements concrets de la part des États membres pour en garantir l’exercice. Actuellement (2013) la CEDEF a été signée par plus de 90% des États représentés à l’ONU. Depuis 2000, un Protocole facultatif additionnel, ratifié par 70 États, dont la France, «  judiciarise » la convention.

Les États qui ont ratifié la convention doivent remettre au secrétariat de l’ONU, dans l’année qui suit la ratification, un rapport dit rapport initial sur la situation de l’État au regard de ses engagements conventionnels et ensuite un rapport périodique, tous les quatre ans. Après consultation de ces rapports, le Comité d’experts de la CCF liste les principaux sujets de préoccupation et formule des recommandations aux États.

La CCF a inspiré, dans les années 1970, dans les instances intergouvernementales et nationales, la mise en place de services ou de ministères chargés des droits ou de la condition des femmes, d’abord au sein de la Commission européenne et du Conseil de l’Europe, et désormais dans la plupart des États. On sait qu’en fonction des moyens qui leur sont accordés, l’influence de ces instances est plus ou moins importante…  Aujourd’hui on parle d’inclure la notion de genre dans toutes les politiques. On le doit à la CCF qui continue à travailler sur de nouveaux droits.

Et en France ?

La dernière audition de la France devant le Comité, à Genève, date du 18 janvier 2008. Valérie Létard, alors secrétaire d’État à la Solidarité, a présenté le rapport gouvernemental, et Nicole Renault, le rapport alternatif de la Coordination française pour le lobby européen des femmes (CLEF), établi grâce à la contribution d’associations membres. Ce rapport a pour objectif de compenser les lacunes du rapport officiel.

Les principaux thèmes abordés dans le contre-rapport traitent, par exemple, du contexte législatif et institutionnel, de la participation insuffisante des femmes à la vie politique et publique, de la persistance des stéréotypes sexistes, notamment dans l’éducation et le choix des métiers, des violences à l’égard des femmes dans le couple, des discriminations dans l’emploi, des discriminations vis-à-vis des femmes immigrées et des femmes d’outre-mer. La Ligue des droits de l’Homme (LDH) a ainsi pu porter devant le Comité une note virulente sur la politique française sur la traite des femmes, politique qui criminalise les victimes au lieu de les protéger.

Les experts ont tenu compte de ces remarques.

Par ailleurs ils ont émis un certain nombre de recommandations. Le gouvernement français était incité :

  • à faire campagne pour pousser les femmes à recourir à la HALDE,
  • à promouvoir l’égalité entre les hommes et les femmes dans les médias,
  • à prendre des mesures pour supprimer toute forme de traite et de prostitution des filles,
  • etc.
  • ces recommandations furent assorties d’une demande : faire connaître plus largement la      Convention CÉDEF, par exemple en l’intégrant à la formation des personnels des professions       juridiques.

Pour les « ouvrières » du rapport alternatif, cette occasion est précieuse. Elle ne permet pas seulement de faire remonter un ensemble d’informations : « C’est en travaillant sur le contre rapport en 2003 qu’a été découvert que les filles étaient mariables à 15 ans et les garçons à 18 ! », explique Bernice Dubois, de la Clef. C’est à cette observation que l’on doit, trois ans plus tard, l’alignement à 18 ans inscrit dans la loi française.

Les prochains rapports du gouvernement français (les 7e et 8e) doivent être soumis au Comité d’experts cette année. Le Ministère des Droits des femmes est en pleine rédaction ainsi que la CLEF (pour le rapport alternatif), au nom des associations du collectif.

Les Françaises ont toujours été très actives dans les instances onusiennes garantes de la CÉDEF : Marie-Hélène Lefaucheux, Jeanne Chaton et Marcelle Devaud. Plus récemment encore (2013), le mandat de Françoise Gaspard au Comité d’experts (2001-2008) a été suivi par la nomination de Nicole Ameline, ancienne ministre de la Parité et de l’Égalité professionnelle, comme représentante de la France au Comité d’ expert-e-s , puis par l’élection en 2013 de Nicole Ameline  à la Présidence  du Comité Cedef. Cette élection permet à la France de prendre un rôle de pilote pour la CEDEF.

  Malgré leurs efforts réitérés, accompagnés par la levée récente (octobre 2013) des dernières réserves de la France à l‘application de la Convention pour l’élimination des discrimination à l’égard des Femmes 1 (CÉDEF), celle-ci peine à prendre, dans l’opinion publique française, sa place de texte fondateur. Quelques frémissements sont cependant observés.

Souhaitons que les années 2013 et 2014, qui commémorent le 30e anniversaire : d’une part, de la ratification de la France (1983), d’autre part, de l’application (1984), par la France, de la Convention et de son protocole additionnel, soient l’occasion d’une prise de conscience qu’un outil juridique international est à la disposition des femmes pour faire valoir leurs droits.

Ce texte a été compilé (15 novembre 2013) par deux membres du bureau de l’association « Réussir l’égalité femmes-hommes » (REFH) et relu par Françoise Gaspard.

 

Notes :

1) L’acronyme anglais est CEDAW (Convention on the Elimination of all Forms of Discrimination Against Women)

2) www. egalite-infos.fr/2010-12-21

3) Bibliographie :

  • Bouet-Devrière Sabine (1999). « La question des réserves à la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes : les dangers d’une négation légitimée des droits de la femme », Les Cahiers Rémois, n°1, www.univ-reims.fr
  • Gaspard Françoise (2006), « Les compétences parallèles : la condition de la femme » ; Collectif dirigé par Emmanuel Decaux, Les Nations Unies et les Droits de l’Homme, enjeux et défis d’une réforme, Éditions Pedone, Paris 2006, p 69-78.
  • Gaspard Françoise (2007). « Les droits des femmes à l’ONU », Florence Rochefort, (Dir),  Le pouvoir du genre, Laïcité et religions, 1905-2005, Toulouse, PUM.
  • Gaspard Françoise (2013), « La Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes  (CÉDEF) », Historiens et Géographes, à paraître, décembre.
  • Klejman Laurence (1989). « Les congrès féministes internationaux », in Mil Neuf Cent, Cahiers               Georges Sorel, N°7.
  • Procacci Giovanna et Rosellini Maria Grazia (1997). « La construction de l’égalité dans l’action  des organisations internationales », Christine Fauré (dir), Encyclopédie politique et historique des femmes, Paris, PUF.
  • Rupp Leila J. (1997). Worlds of Women, The Making of an International Women’s Movement, Princeton University Press, Princeton.
  • Schöpp-Schilling Hanna Beate, Flinterman Cees, Editors (2007). The Circle of  Empowerment, The Feminist Press at the City  University of New York, New York.

Texte complet, en français, de la Convention :

http://www2.ohchr.org/french/law/cedaw.htm

Texte complet, en français, du Protocole additionnel :

http://www2.ohchr.org/french/law/cedaw.htm

 

 

couv_rha272-small200Article de Chantal Antier,  » Deux femmes oeuvrant dans la Grande Guerre : Louise de Bettignies et la reine Elisabeth », Revue historique des armées, 2013, n°272 « Aux armes citoyennes », p.51-60.

http://rha.revues.org/7782 
 

 

Venant après deux autres, consacrés aux périodes 1750-1810 et 1600-1750, ce recueil poursuit l’exploration de l’ample controverse qui, durant plusieurs siècles, agita la France (et au-delà d’elle une bonne partie de l’Europe) à propos de la place et du rôle des femmes dans la société. Il remonte aux premiers temps de cette polémique, dont la « querelle du Roman de la Rose » entre Christine de Pizan et de grands intellectuels parisiens constitua le premier épisode retentissant, pour se clore sous le règne d’Henri IV, monté sur le trône après dix ans de guerre civile et de débats incessants sur la « loi salique » – prétendue règle d’exclusion des femmes de l’héritage de la Couronne. Il couvre ainsi l’une des périodes les plus prolixes sur le sujet, notamment en raison de la naissance de l’imprimerie, qui joua là un rôle majeur.
Revenant à nouveaux frais sur les textes canoniques de la Querelle, cet ouvrage s’attache également à des sujets, à des œuvres, à des lieux qui jusqu’alors n’y semblaient pas reliés, comme la création des premiers salons (l’une des réponses à l’essor des universités et des collèges accessibles aux seuls hommes), ou comme l’interminable « querelle de la Belle Dame sans merci », qui vit s’affronter les partisans et les adversaires du libre choix des femmes en amour. L’ensemble met en évidence à quel point le savoir et le pouvoir furent au cœur des échanges entre misogynes et philogynes, entre « champions des dames » et antiféministes. À quel point, aussi, celles et ceux qui voulaient l’égalité surent construire des espaces de résistance et des argumentaires qui allaient servir aux siècles suivants – et finalement mettre en échec le monopole des hommes sur ces domaines stratégiques.

https://publications.univ-st-etienne.fr/product.php?id_produit=865

 

querelle des femmes Armel DUBOIS-NAYT, Nicole DUFOURNAUD,Anne PAUPERT, Publications de l’Université de Saint-Etienne, 2013.

Alors que les femmes ont toujours constitué une part importante des flux d’immigration en France, la dimension sexuée du phénomène a été très peu étudiée par les historiens. L’entre-deux-guerres, période exceptionnelle d’immigration, méritait qu’on s’y intéresse. Comment représente-t-on les hommes et les femmes immigrants ? L’immigration des femmes est-elle envisagée différemment de celle des hommes ? La France a-t-elle besoin d’une immigration féminine ? Le genre de l’étranger joue-t-il sur son droit au séjour et au travail ? L’accès à la nationalité française est-il équivalent pour les hommes et les femmes étrangers ?
Par l’étude de milliers de dossiers et de sources diverses et originales, l’auteure, qui travaille avec bonheur les jeux d’échelles – du national au local à travers l’exemple marseillais –, analyse avec finesse des représentations, des politiques, des parcours et des pratiques administratives. Remarquable contribution au savoir sur les migrations dans une perspective genrée, ce livre démontre plus largement qu’une analyse intégrant le genre est incontournable pour mieux comprendre la construction des États-nations et des citoyennetés.

http://catalogue-editions.ens-lyon.fr/fr/livre/?GCOI=29021100644000

genre immigrationLinda Guerry, ENS Éditions, 2013.

rubon906-6202d

La table  ronde Guerres, femmes et genre : la guerre a-t-elle un sexe ? a été un grand succès, la superbe salle du Conseil Général était bondée ce vendredi. Animée par Louis-Pascal JACQUEMOND (inspecteur d’académie honoraire, inspecteur pédagogique régional) les quatre intervenant-e-s ont répondu pour chaque période à la question de la pertinence des stéréotypes qui font des femmes des victimes et des hommes les principaux acteurs de la guerre, puis sur la pérennité des bouleversements provoqués par la guerre une fois celle-ci terminée. Puis ce fut au tour du public de poser de nombreuses questions.

Vous pouvez écouter  l’intégralité des interventions de cette table ronde co-organisée par le Conseil scientifique des Rendez-vous de l’histoire et notre association.

Audio_Icon

avec

Aurélie DAMET, maîtresse de conférences à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, histoire grecque.

Claude GAUVARD, historienne, professeure émérite à l’université de Paris I Panthéon-Sorbonne, histoire médiévale.

Véronique GARRIGUES, docteure en histoire à l’université de Toulouse II, histoire moderne.

Fabrice VIRGILI, directeur de recherche au CNRS, histoire contemporaine

 

POUR ALLER PLUS LOIN

Plusieurs chapitres  et dossiers de La Place des femmes dans l’histoire Une histoire mixte portent sur le sujet :

p.20 : Dossiers Masculin et féminin dans l’épopée homérique

un document parmi d’autres : « Réactions des hommes et des femmes à l’annonce de la mort de Patrocle »

p.102 : Dossier, Jeanne d’Arc, histoire et mythes

p.165 : Dossier, La place des femmes dans l’imaginaire politique

un document parmi d’autres : Les femmes et la paix civile : l’exemple de l’enlèvement des Sabines.

p.265 : Chapitre 24, La Grande Guerre

p.311 : Chapitre 28, La Seconde Guerre mondiale

p.321 : Chapitre 29, La France des années noires

p.363 : Dossier, Les Femmes dans la guerre d’Algérie

p. 378 Dossier, Le Viol comme tactique de guerre

 

pour mieux connaitre les intervenants de la table ronde :

Louis-Pascal Jacquemond

 

Aurélie Damet 

Véronique Garrigues

Claude Gauvard

Fabrice Virgili

 

 

 

 

 

 

Merci à Insolente Veggie  d’avoir en quelques dessins expliqué le genre, merci également de nous avoir autorisé à mettre son travail en ligne sur notre site.

Alors à ceux qui ne comprennent toujours pas ce qu’est le Djendeure

 

Djend01

Djend02

Djend03

Djend04

Djend05

Djend06

Djend07

Djend08

Djend09

Djend10

Djend11

 

 

 

 

 

 

Lettre ouverte à Jean-Marc Ayrault,  Premier ministre,

Lors d’une interview au quotidien La Croix, vous venez, à la suite du ministre de l’Éducation nationale Monsieur Vincent Peillon, de rejeter « la théorie du genre ». Pourtant la porte-parole de votre gouvernement avait en juin dernier expliqué que la théorie du genre n’existait pas.

http://www.najat-vallaud-belkacem.com/2013/06/09/la-theorie-du-genre-nexiste-pas/

Elle relayait ainsi l’ensemble de ceux qui en sciences humaines travaillent sur les relations entre hommes et femmes dans nos sociétés et s’interrogent sur le genre. Voir : https://mnemosyne-asso.com/mnemosyne/le-genre/ 

Nous sommes une association  d’enseignant-e-s et de chercheur-e-s qui travaillons sur l’histoire des femmes et du genre. Le genre n’est pas une théorie mais une catégorie d’analyse, une manière de considérer le sexe hors de sa dimension biologique, le « sexe social » si vous préférez. Il n’y a pas de gêne XX « rose », « vaisselle », « tendresse »  ni de gêne XY « bleu », « moto » et « force ».

Aussi, face aux mouvements qui voient dans le genre une « théorie » subversive il serait urgent et nécessaire que vous souteniez au contraire une recherche qui depuis plusieurs années a rendu les femmes visibles dans l’histoire et a montré combien les différences entre hommes et femmes, combien le « genre » est une grille de lecture des sociétés qui en enrichit l’analyse.

Monsieur le Premier ministre, nous sommes heureux et heureuses de vous offrir « La place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte » ouvrage collectif publié par notre association et les éditions Belin et justement destiné à nos collègues de l’enseignement secondaire pour que le genre prenne toute sa place dans les programmes scolaires.

Veuillez, Monsieur le Premier ministre, recevoir nos respectueuses et féministes salutations.

Pascale Barthélémy et Fabrice Virgili

Présidente et Vice-Président de Mnémosyne

Le 3 octobre 2013

Pour rappel, l’extrait de l’interview au quotidien La Croix le 29/09/2013

« Certains évoquent l’introduction d’une « théorie du genre » à l’école. Faut-il s’en inquiéter ?
J.-M. A. : De quoi parle-t-on ? S’il s’agit de faire reculer les stéréotypes, je pense que tout le monde sera d’accord. En effet, il reste énormément de progrès à faire en matière d’égalité entre les hommes et les femmes. Ces dernières ont des salaires moins élevés, des progressions de carrière moindres et elles sont moins nombreuses à occuper des postes à responsabilités, y compris dans la haute fonction publique.

En revanche, il n’est pas question d’introduire je ne sais quelle idéologie à l’école ! Il n’est pas question d’un temps d’enseignement sur la théorie du genre, pas plus dans les programmes scolaires que dans la formation des enseignants. Le ministre de l’éducation nationale, Vincent Peillon, a été clair là-dessus. L’objectif, c’est la lutte contre les stéréotypes, et cela passe par l’école. Je pense par exemple au partage équilibré des tâches familiales entre les parents. »

Dans une lettre qui nous a été adressée le 14 octobre le Premier ministre nous remercie de lui avoir adressé La Place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte, (voir éditorial du 3 octobre 2013). Il écrit « Le gouvernement que je dirige a l’ambition d’ancrer dans le réel l’égalité entre les femmes et les hommes » et appelle à « un travail sur nos propres représentations, notamment dans les domaines de la recherche historique et de l’éducation ».

On espère que la lecture de La Place des femmes dans l’histoire. Une histoire mixte, lui sera profitable.

AVIS DE MISE AU CONCOURS
Dans le cadre d’un projet de recherche Sinergia financé par le FNS et portant sur l’histoire de l’allaitement maternel (« Lactation in history : a crosscultural research on suckling practices, representations of breastfeeding and politics of maternity in a European context »), nous mettons au concours

Un poste de postdoc à 80%

Descriptif du poste:
Le/la titulaire du poste sera un(e) spécialiste de l’histoire européenne de l’époque moderne. Il/elle sera appelé(e) à travailler sur des problématiques propres à l’histoire sociale et à la culture médicale dans le cadre du projet collectif sur l’histoire de l’allaitement maternel. Le champ d’étude spécifique comprendra l’étude de sources manuscrites (ego-documents, correspondances) et de textes médicaux européens, notamment francophones, pour les 17e et 18e siècles. Une sensibilité démontrée pour des approches genre sera un atout.

Le/la candidat(e) souhaité(e) devra être capable de travailler de façon indépendante et être à l’aise dans la collaboration avec une petite équipe. Il/Elle devra prendre part aux activités du groupe de recherche « Lactation in History », et publier ses résultats dans des revues internationales et en participant à un des projets de publication collective du groupe de recherche.

Qualifications demandées:
-Doctorat en histoire (époque moderne, siècles XVIIe-XVIIIe) ou titre jugé équivalent ;
-expérience de la recherche en archives ;
-compétences linguistiques requises : français (langue de travail), anglais et allemand ; la connaissance du latin est souhaitée.

Entrée en fonction: 1er janvier 2014

Institution de rattachement : Université de Genève, Institut d’Histoire de la Médecine et de la Santé.

Durée du contrat: Une année, renouvelable pour une période de deux ans (1+2).

Rémunération: la classe de rémunération dépend de l’expérience du candidat. Le montant maximum disponible pour ce poste est de 60’500 francs/ans (1ère année)  à  66’300 francs/ans (3e année).

Délai de candidature: 30 novembre 2013

Documents requis :
* lettre de motivation
* C.V.
* copies des diplômes
* résumé de la dissertation de doctorat (max 2 pages)
* un projet personnel (en cours ou à réaliser) en rapport avec la thématique du projet (1-2 pages)
* 2 lettres de recommandation envoyées directement par les signataires (document PDF avec signature).

Les candidatures contenant les documents et les lettres de recommandation sont à envoyer par courriel aux adresses suivantes:
Daniela.Solfaroli(at)unige.ch; Andrea.Carlino(at)@unige.ch; Philip.Rieder(at)unige.ch.

Désirant associer tant des femmes que des hommes à l’enseignement et à la recherche, l’Université souhaite recevoir davantage de candidatures féminines.

Renseignements: pour de plus amples informations, contacter les responsables du projet.

Ce livre s’intéresse au rôle politique des femmes de l’aristocratie dans la Fronde et aux représentations dont il fait l’objet au XVIIe siècle, de façon à en faire apparaître les enjeux politiques, sociaux et culturels.
Les actions accomplies, mais surtout les discours, les mises en scène et, plus généralement, toutes les stratégies de communication qu’emploient les Frondeuses et leur entourage pour intervenir dans la guerre civile sont examinés, ainsi que les témoignages des contemporains. Or, les sources écrites et la documentation iconographique révèlent une conception du pouvoir, du champ d’action des femmes et des rapports entre femmes et pouvoir bien plus ouverte et audacieuse que ne le laisse entendre la règle de l’exclusif masculin.
Tous les projets politiques auxquels participent ces femmes, une quinzaine environ, sont considérés, du début de la régence d’Anne d’Autriche en 1643 à l’avènement du règne personnel de Louis XIV en 1661. Deux modes d’action principaux apparaissent : les interventions à caractère militaire des Amazones de la Fronde d’une part, celles qui relèvent de la diplomatie occulte accomplies par les « intrigantes » d’autre part. L’examen des moyens employés conduit à souligner l’ancrage des Frondeuses dans des réseaux familiaux, amicaux et clientélaires puissants où elles occupent des positions stratégiques. Pour plusieurs d’entre elles, l’analyse des actes et des discours avant, pendant et après les troubles civils pose la question d’une éventuelle démarche d’émancipation à caractère féministe

http://www.champ-vallon.com/Pages/Pagesepoques/Vergnes.html

 Vergnes1Sophie Vergnes, Champ Vallon, 2013.