Nous sommes heureux·ses de vous signaler la parution ce jeudi 21 mai de l’ ouvrage de Marie-Lise Fieyre, Bâtards de princes. Les enfants naturels chez les Bourbon (XIVe – milieu du XVIe siècle), aux Presses universitaires de Rennes, collection Histoire, préfacé par Carole Avignon.
Présentation de l’ouvrage :
Traditionnellement, la qualification de « bâtard » rappelle la naissance hors mariage d’une personne et l’inconduite sexuelle de ses parents. Longtemps perçue comme une déviance sociale et familiale, la bâtardise stigmatise l’enfant qui se retrouve entaché d’un defectus natalium. À cause de ce défaut de naissance, les bâtards sont, durant des siècles, exclus de l’héritage de leurs parents et des ordres sacrés. Pourtant, les bâtards nobles bénéficient d’une situation privilégiée dans le royaume de France à la fin du Moyen Âge, sous l’impulsion des lignages dont ils sont issus. L’ouvrage propose d’appréhender la bâtardise comme un objet d’histoire sociale, à partir d’un exemple précis : la « maison » ducale de Bourbon du XIVe au milieu du XVIe siècle. L’objectif est de comprendre les raisons pour lesquelles ce lignage a promu ses bâtards, hommes et femmes, tout en analysant les formes de cette promotion et ses limites. Les enfants naturels se singularisent par des langages identitaires qui les autorisent à se revendiquer du lignage paternel. Ils bénéficient d’un statut qui leur est propre : incorporés dans une parenté qui leur assure un rang social tout en les distinguant à travers les discours et les pratiques. Les bâtards concourent ainsi à la reproduction sociale de la famille. Par leurs fonctions, leur patrimoine ou leurs alliances, ils soutiennent les ambitions politiques des princes, dans un contexte de restructuration des rapports de force avec la royauté.
« Le soin que Marie-Lise Fieyre met à saisir l’historicité des manières de nommer ou pas le bâtard, de l’identifier ou pas comme tel, son soucis d’intégrer la bâtardise dans un complexe de variables d’identité ouvert au genre au rang de la fratrie (…). Les recherches de Marie-Lise Fieyre contribuent donc avec talent à la fabrique de cette histoire renouvelée que nous appelons de nos vœux, des bâtards, de la bâtardise et des filiations différenciées du Moyen Âge. »
Carole Avignon dans sa préface.
Informations :
Marie-Lise Fieyre est enseignante, docteure en histoire du Moyen Âge de l’Université Paris-7 Diderot (désormais Université Paris-Cité) et chercheuse associée au laboratoire TEMOS – Temps, Mondes, Societés (UMR CNRS 9016). Elle est également vice-présidente de Mnémosyne, en charge du pôle Pédagogie et Enseignement scolaire. L’ouvrage est la reprise de sa thèse, soutenue sous la direction de Didier Lett en 2017.
L’ouvrage est publié avec le soutien de l’Agence nationale de la recherche (ANR), dans le cadre du programme Fil_IAM – Filiations, Identité, Altérité médiévales, dirigé par Carole Avignon, maîtresse de conférences en histoire du Moyen Âge à l’Université d’Angers, chercheuse au sein du laboratoire TEMOS – Temps, Mondes, Societés (UMR CNRS 9016).
Retrouvez plus d’informations sur le site de l’éditeur : Marie-Lise Fieyre, Bâtards de princes. Les enfants naturels chez les Bourbon (XIVe – milieu du XVIe siècle), Rennes, Presses universitaires de Rennes, coll. « Histoire », 2026.


L'Harmattan