Volontairement ou sous la contrainte, les femmes vivent l’expérience du départ depuis les temps les plus anciens. Explorer le « genre » du départ, c’est mieux comprendre la redéfinition des hiérarchies entre hommes et femmes que celui-ci provoque.
Table ronde organisée par Mnémosyne et les Rendez-Vous de Blois
Analyser quelle est la place des femmes dans les mobilités du passé, dégager quels sont les enjeux et les rapports de genre dans les déplacements et mouvements migratoires : tels sont les objectifs de cette table ronde.
Plusieurs perspectives cohabitent. Dans certains cas de mobilités, la différence des sexes joue un rôle parce qu’elle assigne une hiérarchie, des rôles, des pouvoirs voire des droits. Mais les déplacements entraînent aussi des modifications, qui concernent tant les formes et les lieux de départ que les comportements et le destin des individus, hommes ou femmes, en déplacement. Enfin ces mobilités peuvent remettre en question les relations hommes-femmes et bouleverser la répartition sexuée des rôles sociaux, économiques et politiques.
Il s’agira donc de ne pas se limiter à décrire ces mobilités mais bien de montrer ce qu’elles provoquent, bouleversent et créent. En invitant des historien.ne.s travaillant sur les quatre grandes périodes, il s’agit de mettre en scène pour chacune d’entre elles un moment ou une situation qui permet de comprendre en quoi le genre est une composante du départ.
Table ronde animée par Pascale Barthélémy (Mnémosyne) avec :
– En Histoire ancienne : Cécilia D’Ercole (Directrice d’études, EHESS) : Les femmes dans la colonisation grecque antique sur le pourtour méditerranéen
– En Histoire médiévale : Didier Lett (Professeur, Université Paris Diderot) : Femmes et hommes sur le départ : partir pour travailler, se marier, voyager et mourir (XIIe-XVe siècle)
– En Histoire moderne : François-Xavier Fauvelle-Aymard (Directeur de recherche au CNRS) : Le genre des traites esclavagistes
– En Histoire contemporaine : Delphine Diaz (MCF Université de Reims Champagne-Ardenne) : Le départ en exil au cours du premier XIXe siècle en Europe. La place des femmes et la recomposition des rapports de genre dans l’exil.
Cette correspondance présente la relation que la romancière, Georges de Peyrebrune, a entretenue avec une dizaine de ses contemporaines, entre 1881 et 1917. Toutes étaient littératrices et, comme elle, étaient membres du jury du prix Vie heureuse et affiliées à la Société des gens de lettres.
édition de Nelly Sanchez, Classiques Garnier, Correspondances et mémoires, 2016.
https://www.classiques-garnier.com/editions
Assistant-e (A2) à l’Insitut des Etudes genre de la Faculté des SdS
Description du poste
Le-la candidat-e retenu-e devra assurer des enseignements dispensés à l’Institut des Etudes genre au niveau bachelor et master, encadrer des étudiant-e-s, préparer ou corriger des examens et travaux d’évaluation suivant ses domaines de spécialité et les besoins des plan d’études.
Il-elle devra en particulier assister les Professeur-e-s pour le cours obligatoire de bachelor « Inégalités en tous genre » et en fonction des besoins scientifiques et pédagogiques de l’Institut.
Il-elle s’engage à faire une thèse en Etudes genre sous la direction de la Prof. Delphine Gardey et/ou de la
Dr. Lorena Parini. Le projet de recherche et la thèse devront porter sur l’une des sous thématiques suivantes :
- Genre, sexualités, LGBT;
- Droits des minorités sexuelles;
- Mobilisations sociales et politiques des minorités sexuelles.
Il-elle s’engage à participer aux activités scientifiques et pédagogiques de l’lnstitut des Etudes genre et au programme doctoral en Etudes genre de la Conférence Suisse Universitaire Occidentale.
Titre et compétences exigés
Le-la candidat-a doit être détenteur-trice d’un master en études genre ou dans une des disciplines des sciences sociales suivantes (sous réserve que le mémoire de master porte de façon substantielle sur des questions de genre et/ou de sexualité dans une perspective de genre) : histoire, sciences politiques, sociologie du droit, anthropologie.
Parmi les qualités particulièrement recherchées :
- maîtrise de l’enquête de terrain, de l’analyse de données ou de corpus
- qualités rédactionnelles, maîtrise de l’écriture scientifique et du français
- compétence en langue anglaise et capacité à lire la littérature scientifique en français et en anglais
- autonomie dans le travail et capacité de collaboration dans une équipe
- aisance dans le rapport avec les étudiant-e-s
- intérêt pour l’enseignement.
Entrée en fonction : 1er novembre 2016
Contact et Informations complémentaires
https://jobs.unige.ch/www/wd_portal.show_job?p_web_site_id=1&p_web_page_id=22878
Délai d’inscription 20-08-2016
L’Université de Genève offre des conditions d’engagement motivantes dans un cadre de travail stimulant. En nous rejoignant, vous aurez l’occasion de mettre en valeur vos compétences ainsi que votre personnalité et contribuer activement au rayonnement d’une Institution fondée en 1559.
Dans une perspective de parité, l’Université encourage les candidatures du sexe sous-représenté.
Le nouveau n° de Genre & Histoire est en ligne
17 | Printemps 2016

Proposé par le groupe « Genre et classes populaires1 », ce dossier de Genre & Histoire s’intéresse à la construction mutuelle des rapports de genre et de classe in situ, c’est-à-dire dans les lieux précis où ils sont produits, négociés, contestés. Cette articulation, appliquée aux classes populaires en France du XVIIIe au XXe siècle, constitue l’objet de réflexion et d’investigation central du séminaire que le groupe organise depuis 2011 à l’Université Paris I-Panthéon-Sorbonne. Les cinq contributions réunies ici sont issues de présentations faites dans le cadre du séminaire entre 2012 et 2014, elles ont pour ambition commune de soumettre le lieu à l’épreuve du genre et des classes populaires.
Sous la direction de Anaïs Albert, Fanny Gallot, Katie Jarvis, Anne Jusseaume, Ève Meuret-Campfort, Clyde Plumauzille et Mathilde Rossigneux-Méheust
CLIO 43 / Citoyennetés
Responsables du numéro
Pascale Barthélémy & Violaine Sebillotte Cuchet
Les femmes ont-elles attendu le XXe siècle pour être
considérées et agir comme des citoyennes ? L’accès à la
citoyenneté a-t-il toujours été déterminé par les rapports de
domination entre les sexes ? Ce numéro de Clio interroge le
concept de citoyenneté à la lumière de l’histoire des
femmes et du genre qui a permis depuis longtemps d’en
redéfinir le vocabulaire et les contours. Depuis l’Antiquité
classique jusqu’à l’Algérie, le Nigéria ou le Mexique
contemporains en passant par l’Italie médiévale et moderne
ou la France du XVIIIe siècle, les expériences de la
citoyenneté – qui s’exercent à des échelles variées (celle de
la cité, de la commune, de l’État ou des instances
internationales) – se révèlent bien plus riches que le seul
exercice des droits politiques. Les pratiques décrivant la
citoyenneté ne sont donc pas seulement du ressort du droit
ou de son affirmation mais résultent de rapports sociaux
plus complexes où les inégalités de genre croisent les
inégalités économiques et culturelles. Ce numéro propose
ainsi une mise en lumière de la diversité des niveaux de
participation à la chose politique et conduit à une
historicisation salutaire de la citoyenneté contemporaine.
Le Front populaire est une « embellie » porteuse de congés payés, de mixité, de démocratisation des loisirs et de diminution du temps de travail. Les femmes y tiennent une place inédite, au sein du gouvernement, dans les grèves ouvrières, les occupations d’usines mais aussi sur la route des vacances et dans les auberges de jeunesse. Un vent de liberté semble souffler sur leur histoire.
Pour la première fois, Léon Blum nomme des femmes sous-secrétaires d’État, alors même qu’elles n’ont pas acquis les droits de vote et d’éligibilité. Ces droits, le Front populaire ne les leur accordera pas. Les conventions collectives comme les accords salariaux entérinent les inégalités entre hommes et femmes, favorisant seulement les droits liés à la maternité et à la famille. Malgré des promotions par l’enseignement ou le barreau et la suppression de l’incapacité juridique des épouses, la déception des féministes est grande.
Louis-Pascal Jacquemond dresse un panorama vivant des femmes de toutes conditions sous le Front populaire. Il montre un bilan immédiat mitigé mais aussi, et surtout, l’apparition d’une nouvelle génération dont l’engagement se prolongera, quelques années plus tard, dans la Résistance.
Louis-Pascal Jacquemond, Belin, 2016.
http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-l-espoir-brise-27848.php
En trois siècles et demi d’existence, l’Académie a beaucoup travaillé à masculiniser le français. Porte-bannière des partisans du «genre le plus noble», ce vestige de la monarchie absolue mène depuis le milieu des années 1980 une croisade contre la «féminisation», en dépit des besoins langagiers d’une société où l’égalité des sexes progresse – en dépit, surtout, des logiques de la langue française et des évolutions à l’œuvre dans les autres pays francophones. Sans se soucier de remplir le rôle pour lequel l’entretiennent les contribuables, les Immortel·les en habit vert campent sur des positions purement idéologiques, en proférant des sentences qui se veulent paroles d’Évangile alors qu’elles vont à rebours des dynamiques du français. Les «Quarante», il est vrai, ne sont ni grammairiens, ni linguistes, ni philologues… et pas toujours écrivains.
L’Académie contre la langue française retrace cette guerre de trente ans, menée à coup de déclarations aussi péremptoires qu’infondées, réactionnaires et sexistes, face auxquelles les protestations n’ont pas manqué. Il permet également de faire le point sur les objets de ces controverses, et de comprendre pourquoi la France a fini par entamer sa «révolution langagière» envers et contre les avis des Messieurs-Dames du Quai Conti.
http://www.editions-ixe.fr/content/lacademie-contre-la-langue-francaise
Ce livre retrace le dialogue de longue durée entre les extrêmes droites italiennes et françaises depuis le début des années 1960. De ces relations d’abord personnelles naissent de véritables réseaux qui bénéficient du soutien bienveillant des régimes dictatoriaux portugais et espagnol. Certains des membres de cette « communauté de combat » occidentale participent à la série d’attentats du terrorisme « noir » qui frappent l’Italie à partir de 1969.
Pauline Picco, PUR, 2016,
Poursuivant sa grande enquête au cœur de l’exception politique française, Éliane Viennot aborde ici, après L’invention de la loi salique (ve-xvie siècle) et Les résistances de la société (xviie-xviiie siècle), la période cruciale qui va de la Révolution à l’Empire. Par l’étude de nombreux documents d’époque, elle montre que les femmes de ce temps, habitées par des modèles d’héroïnes que l’Ancien Régime n’avait cessé de célébrer, se sont investies dans la «régénération de la patrie» avec un enthousiasme identique à celui des hommes, revendiquant haut et fort l’exercice des mêmes droits. Mais que les hommes au pouvoir, nourris de l’idéal rousseauiste de la « séparation des sphères » autant que d’Histoires de France vidées de toute référence aux femmes, n’ont eu de cesse de renforcer le «privilège masculin» – et cela quels que soient leurs désaccords.
Mettant fin à des pouvoirs féminins séculaires, réservant à leur profit la citoyenneté et les améliorations du système scolaire, confortant leurs positions en légiférant sur le divorce et l’héritage, travaillant à un Code civil garant des puissances paternelle et maritale, s’activant à faire taire les contestataires, ces hommes ont jeté les bases d’un ordre masculin qui, sous couvert d’égalité, de liberté et de modernité, perdurera jusqu’à la fin du xxe siècle en essaimant dans une bonne partie du monde.
Eliane Viennot, Perrin, 2016.
http://www.editions-perrin.fr/livre/et-la-modernite-fut-masculine-1789-1815-/9782262064310








