Textes et crédits :
- Texte 1 : « Mlle Suzanne LENGLEN », Le Figaro, mercredi 3 juin 1914
« Seize ans ! Peut-être moins ! Une silhouette ravissante d’harmonie physique ; les traits fins, allongés, de grands sourcils, une expression tranquille, grave, souriante et résolue ; une chevelure noire, serrée à l’antique par un ruban de satin, et se répandant en boucles.
Vêtue de laine blanche, comme drapée, agile, sûre de ses mouvements, où la force s’enveloppe d’une grâce infinie, Mlle Suzanne Lenglen est une merveilleuse évocation moderne de la beauté féminine de l’antiquité.
Elle joue dans la perfection, dans un style qui reste délicieusement, féminin.
Dans ses efforts, aucune de ces violences excessives et maladroites par lesquelles trop de femmes éprises d’athlétisme masculinisent si fâcheusement leurs gestes. »
- Texte 2 : « L’extraordinaire carrière d’une sportive : Violette Morris », dans Le Miroir des Sports, 3 juin 1925
« Violette Morris était déjà aussi puissante à l’âge de quinze ans qu’elle l’est aujourd’hui. Ses mensurations n’ont guère varié depuis 1910. Elles sont les suivantes : taille, 1m66 ; poids : 74 kg ; tour de cou, 0m40 ; tour d’épaules, 1m20 ; biceps, 0m29 au repos, 0m335 en tension ; poignet 0m16 ; mollet 0m40 ; capacité respiratoire, 4 litres. […]
Cette femme, d’une puissance et d’une résistance physique incomparable, d’une énergie que rien n’abat, qu’on voit toujours la cigarette aux lèvres et qui ne se trouve bien qu’en vêtements masculins, qui est professionnelle en sports mécaniques, en cyclisme derrière moto même, et qui reste amateur dans les autres jeux athlétique, cette femme ne songe pas à terminer de sitôt sa carrière. Audacieuse, infatigable, d’une absolue confiance en elle-même, d’une indifférence totale à ce que peuvent penser d’elle hommes et femmes, elle mène sa vie comme elle l’entend, tout entière dévouée au sport. »
- Texte 3 : «Le Procès de la culotte », in SAINT-AUBAN (dir.), Revue des Grand Procès contemporains, tome 36, 1930, p. 203.
Extrait du plaidoyer de Yvonne Netter, membre du conseil de la FSFSF et avocate de l’association, contre Violette Moris dans le cadre de son procès contre la FSFSF qui lui refuse en 1928 le renouvellement de sa licence, nécessaire à sa participation aux JO d’Amesterdam
« La femme française est restée toujours femme malgré son activité ; c’est son triomphe, et c’est aussi sa sauvegarde. La coquetterie si vantée des femmes n’est pas du tout un obstacle à leur développement, pas plus intellectuel que moral […], c’est une condition sine qua non de la réussite des femmes, c’est l’avis de nombreuses féministes ».
- Texte 4 : Extrait de la déclaration de Roland-Leinad, journaliste au Paris-Soir, journal proche de la droite républicaine. Article publié le 27 février 1930.
« Il ne peut y avoir de milieu. On est homme ou on est femme. Que je sache, il n’est pas raisonnable de vouloir être les deux en même temps. Puisque Violette Morris fait tout ce qu’elle peut pour n’être point une femme, qu’elle aille demander licence à une fédération masculine, si toutefois il s’en trouve pour accéder à son désir. Mais il n’est véritablement pas possible de tenir pour femme, une personne qui se fait couper les seins, s’habille en homme, fait métier de garagiste, cogne du poing sur la table, se baigne en caleçon, court dans les piscines, et dans les mêmes lieux, va délibérément se changer dans la partie réservée aux garçons. »
Générique : Warm Sunset par Romarecord1973, disponible sur Pixabay
Un podcast produit par l’Association Mnémosyne avec Cécile Béghin.
Noémie Gmür et Clémentine Letellier à la technique.
Clémentine Letellier à la lecture des textes.
Enregistré au sein du Studio La Poudre de la Cité Audacieuse.