Les Lois genrées de la guerre

1914-2014, en cette année de centenaire, Clio Femmes Genre Histoire portera son regard sur d’autres conflits. Depuis la fin du XXe siècle, leur étude a été renouvelée, d’un côté par une approche anthropologique du fait guerrier et d’une attention nouvelle portée à l’intime, de l’autre par la focale mise sur les sorties de guerre. Par ailleurs, la guerre dans l’ex-Yougoslavie, puis le génocide des Tutsis au Rwanda, ont abouti à la constitution de tribunaux internationaux, le TPIY en 1993 puis le TPIR un an plus tard. La dénonciation de la violence sexuelle et la protection des populations civiles ont été de plus en plus prises en compte au niveau international et ces questions ont attiré l’attention des chercheurs. Ainsi, depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, les violences faites aux femmes, et la mixité croissante de la sphère militaire ont constitué un marqueur fluctuant de ce que l’on dénomme « les lois de la guerre ».

Clio39-couv

http://www.editions-belin.com/ewb_pages/f/fiche-article-clio-femmes-genre-histoire-n-39-23707.php

Responsable du numéro : Fabrice Virgili

Fabrice Virgili. Éditorial
Philippe Clancier. Hommes guerriers et femmes invisibles.
Le choix des scribes dans le Proche-Orient ancien
Sophie Cassagnes-Brouquet.
Au service de la guerre juste. Mathilde de Toscane WI1e-XIIe siècle)
Mariana Muravyeva. « Ni pillage ni viol sans ordre préalable ».
Codifier la guerre dans l’Europe moderne
Régis Schlagdenhauffen.
Désirs condamnés. Punir les « homosexuels » en Alsace annexée (1940-1945)
Alain Blum & Amandine Regamey.
Le héros et la martyre ou le viol effacé (Lituanie 1944-2000)
Christine Lévy. Le Tribunal international des femmes de Tokyo en 2000.
Une réponse féministe au révisionnisme ?

Regard complémentaire. Annette Wieviorka.
À propos des femmes dans les procès du nazisme

Actualités de la recherche. Françoise Thébaud. Penser les guerres
du xxe siècle à partir des femmes et du genre. Quarante ans d’historiographie

Isabelle Delpla. Les femmes et le droit (pénal) international

Documents. Alain Blum & Amandine Regamey.
Plainte et enquête autour d’un viol (Lituanie soviétique, 1959) 205

Témoignage. Une communauté de femmes en prison pendant la guerre d’Algérie.
Entretien avec Christiane Klapisch-Zuber par Michelle Zancarini-Fournel

Portrait. Rita Thalmann (1926-2013),
pionnière de l’histoire des femmes par Marie-Claire Hoock-Demarle

Varia. Agustina Cepeda.
Au temps du Test du crapaud. Justice et avortement (Argentine, mi-xxe siècle)

Rémy Pawin. Le genre du bonheur (France, 1945-années 1970)

Clio a lu – Clio a reçu

 

 

Mnémosyne est co-signataire du courrier adressé par l’Association de recherche sur le genre en éducation et formation (ARGEF) aux ministres  des Droits des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, de l’Éducation Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche et à la Secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur et à la Recherche.

« La loi de refondation de l’école et de rénovation de la formation des enseignant.e.s et des personnels d’éducation précise que tou.te.s les étudiant.e.s ont droit à une formation aux questions relevant des thématiques interrogées par les études de genre.

A cette occasion, notre association de recherche, ARGEF-France, veut promouvoir 30 années de recherche sur ces thématiques et soutenir des propositions concrètes d’enseignement sur le genre.

L’enjeu est considérable, si nous voulons, comme le demande la loi, que tou.te.s les enseignant.e.s, éducatrices et éducateurs soient formé.e.s. Ces enseignements leur donneront les moyens de répondre aux parents et aux partenaires sur des questions qui parfois ne font pas consensus mais répondent aux inégalités scolaires, sociales, culturelles et s’inscrivent dans les missions de l’école.

Aussi nous attirons votre attention sur les urgences suivantes :

Identifier la réalité des enseignements sur le genre, dans les maquettes de master et leur mise en œuvre

Promouvoir des propositions concrètes pour ces enseignements obligatoires

Assurer la mise en œuvre de ces enseignements dans chaque ÉSPÉ pour chaque mention de master MEEF

Dans une perspective de mise en synergie des différents partenaires et afin de favoriser un aboutissement indispensable, nous sollicitons l’organisation d’une rencontre rassemblant les différents partenaires et interlocuteurs concernés : Représentant.e du Ministère du Droit des femmes, de la Ville, de la Jeunesse et des Sports, du Ministère de l’Éducation Nationale de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, du Secrétariat d’État de l’enseignement supérieur et à la recherche, du Département des stratégies des ressources humaines, de la parité et de la lutte contre les discriminations, de la direction des ÉSPÉ, des Universités, des Rectrices et Recteurs d’Académie, du Conseil supérieur des programmes
des Associations de recherche et d’enseignant.e.s.

argef-logologo-mnemosyne-droite

« Lors de sa dernière campagne de recrutement (2014), l’Institut Universitaire de France a changé les conditions requises pour candidater aux postes de membres juniors, dont l’accès est réservé aux enseignants-chercheurs âgés de moins de 40 ans. Sans aucune publicité faite sur ce point, la possibilité qu’avaient les femmes universitaires d’obtenir une dérogation d’un an par enfant a été supprimée ». En effet, pour candidater pour la campagne 2014, il fallait être née après le 1er janvier 1974. Les 16 semaines de report ne pouvaient donc être effectivement utiles que pour les femmes nées entre le 7 septembre et le 31 décembre 1973. Celles qui sont nées entre le 1er janvier et le 6 septembre 1973 sont – de fait – exclues.

Pour protester contre cette mesure, une lettre, dont plusieurs membres de Mnémosyne étaient signataires en leur nom propre, avait été adressée à l’administration de l’IUF, qui a répondu en donnant les éléments suivants :

« L’esprit dans lequel a été proposée une évolution du règlement intérieur de l’IUF en 2013 se voulait celui d’une prise en compte plus large des divers congés de longue durée (notamment congés parentaux consécutifs à une naissance ou encore congés longue maladie). Après plusieurs navettes avec le service juridique dans la rédaction de ce règlement, le choix a été fait d’une formulation qui nous a été alors présentée comme la plus simple et équitable, faisant référence aux « congés prévus à l’article 34 de la loi 84 -16 du 11 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique de l’État ».
Nous avons en fait réalisé trop tard, après la publication du règlement, que cette formulation améliore la prise en charge de certains congés mais la diminue pour d’autres (non inclus par l’article 34, comme dans le cas du Service National…).
La formulation 2013 du règlement nous a donc paru devoir être revue et le texte que nous sommes en train de préparer est redevenu précis, et mentionne explicitement, une année supplémentaire par enfant pour les mères, ainsi que la durée du Service National ».

Une bonne nouvelle donc !



 

 

affichemnémo

La journée « Genre et médias en France : de La Fronde à Causette »

Organisée en collaboration avec ANHIMA, UMR 8210 et en partenariat avec le magazine Causette est en ligne

avec Alice Primi (historienne) : Féminisme et journalisme de La Voix des Femmes à La Fronde.


Mnémosyne, journée d’étude 2014, Genre et… par mnemosyne_asso

Sandrine Levêque (politiste) : Des journalistes professionnelles au service dela cause des femmes ? Le lancement de F Magazine et Histoires d’Elles à la fin des années 1970


Mnémosyne, journée d’étude 2014, Genre et… par mnemosyne_asso

Liliane Roudière (rédactrice en chef) : le Magazine Causette


Liliane Roudière (rédactrice en chef) : le… par mnemosyne_asso

Michèle Dominici (réalisatrice) : Télévision : un féminisme discrètement nécessaire


Michèle Dominici (réalisatrice), Télévision… par mnemosyne_asso

Table ronde animée par Myriam Boussahba-Bravard et Fabrice Virgili

 

Les femmes n’ont représenté que 20 % des intervenant-e-s dans les médias audiovisuels en 2012 selon le CSA. Marginales dans l’espace d’expression, elles le demeurent aussi dans les postes de décision alors qu’elles représentent désormais 43 % des journalistes et 60 % des élèves des écoles de journalisme. Par ailleurs, leur image dans les medias reste, selon le constat dressé par Michèle Reiser et Brigitte Gresy (Réf : Rapports sur l’image des femmes dans les médias 2008 et 2011, http://www.ladocumentationfracaise.fr/rap- ports-pblics/084000614/), fortement stéréotypée. Pourtant, dès l’époque révolutionnaire, et plus encore à partir du XIXe siècle, féminisme et journalisme ont été étroitement liés.

Des femmes se sont emparées des médias pour plaider leur cause et sortir de leurs rôles traditionnels. Les médias ont-ils pour autant servi « la cause des femmes » ? Sont-ils au contraire rétifs à l’égalité entre femmes et hommes ? Après une année au cours de laquelle les débats n’ont pas manqué, mariage pour tous, « théorie du djendeure », prostitution, il nous a paru utile de nous pencher à nouveau sur la question médiatique au sens large en apportant l’éclairage de l’histoire. L’Association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre – Mnémosyne consacre donc sa journée d’étude annuelle le 25 janvier 2014 à une double thématique : la participation des femmes à la sphère médiatique depuis le XIXe siècle ; l’appropriation par les médias de la question de l’égalité entre les sexes.

 

 

 

 

 

En novembre 2012 était remis à Madame la ministre de la Recherche et de l’enseignement supérieur rapport coordonné par Alban Jacquemart, Agnès Netter et Françoise Thibault. Issu d’une réflexion des spécialistes des recherches sur le genre (parmi lesquels plusieurs membres de Mnémosyne) , ce rapport propose vingt orientations stratégiques. Objectif : offrir des pistes d’action à moyen et long terme pour donner à la recherche française sur le genre la place qu’elle mérite, tant sur la scène scientifique que dans la société. Manifestement oublié ce rapport mériterait de ressortir des cartons.

Rapport du MESR: Orientations stratégiques pour les recherches sur le genre nov. 2012

ou sur le site du ministère

http://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/cid70665/orientations-strategiques-pour-les-recherches-sur-le-genre.html

 

MESR-photo

The National University of Ireland, Galway is seeking to fill 5 full-time, fixed-term Postdoctoral Researcher positions for the ERC-funded project ‘The Reception and Circulation of Early Modern Women’s Writing, 1550-1700’ (RECIRC), led by Dr. Marie-Louise Coolahan, Principal Investigator.

Pour plus de renseignements :

http://www.nuigalway.ie/about-us/jobs/  (onglet « Research »)

Candidatures ouvertes jusqu’au 14 mai 2014

Mnémosyne est partie prenante de la pétition

LES ÉTUDES DE GENRE, LA RECHERCHE ET L’ÉDUCATION : LA BONNE RENCONTRE

Pour suivre l’actualité de l’appel : le blog

http://genrerechercheeducationrencontre.unblog.fr/

Plus de 14000 signatures mais si ce n’est pas encore fait vous pouvez toujours y signer la pétition

Merci de votre mobilisation !

Mnémosyne

 

2 postes sont proposés :

– Gender, nature, culture : http://www.tema.liu.se/tema-g/genus-natur-och-kultur/?l=en

– Postcolonial Feminisms : http://www.tema.liu.se/tema-g/postkoloniala-feminismer/?l=en

 

Le long effort des grammairiens et des académiciens pour masculiniser le français a suscité de vives résistances chez celles et ceux qui, longtemps, ont parlé et écrit cette langue sans appliquer des règles contraires à sa logique.

La domination du genre masculin sur le genre féminin initiée au XVIIe siècle ne s’est en effet imposée qu’à la fin du XIXeavec l’instruction obligatoire. Depuis, des générations d’écolières et d’écoliers répètent inlassablement que « le masculin l’emporte sur le féminin », se préparant ainsi à occuper des places différentes et hiérarchisées dans la société.

Ce livre retrace l’histoire d’une entreprise à la misogynie affirmée ou honteuse, selon les époques. Riche en exemples empruntés aux deux camps, il nous convie à un parcours plein de surprises où l’on en apprend de belles sur la « virilisation » des noms de métier, sur les usages qui prévalaient en matière d’accords, sur l’utilisation des pronoms ou sur les opérations « trans-genre » subies par certains mots.

 

couv.viennot_2

Eliane Viennot, éditions iXe, 2014

http://www.editions-ixe.fr/content/non-le-masculin-ne-lemporte-pas-sur-le-féminin

Bien que numériquement important au tournant des XIXe-XXe siècles, le veuvage féminin n’est pas considéré comme un problème social, et ce, même si pour la femme, la perte de l’époux entraîne bien souvent de lourdes difficultés matérielles: seule une minorité est protégée par les règles du droit civil (contrat de mariage, héritage…). Largement ignorées par les pouvoirs publics, les veuves ne peuvent compter que sur elles-mêmes et sur la solidarité familiale ainsi que, pour les plus démunies d’entre elles, sur la charité ou sur l’assistance publique. Certes, on constate que depuis la fin du XIXe siècle se développe une protection dérivée de la veuve à travers la technique des pensions instaurées par les lois de 1831 et 1853. Ce système repose sur plusieurs critères: la durée du mariage, la présence ou non d’enfants à charge, l’existence ou l’absence de ressources suffisantes. Avec la Première guerre mondiale, le veuvage féminin est mis sur le devant de la scène et des mesures particulières d’assistance sont prises pour les veuves de guerre: emplois réservés, formation professionnelle, amélioration de la législation des pensions… Parallèlement, la protection dérivée de celles qu’on appelle par opposition les veuves civiles continue son expansion et se perfectionne, mais de façon dispersée dans un contexte économique difficile; la protection sociale de la veuve restant bien souvent instrumentalisée avec la poursuite d’autres objectifs que celui de lui assurer des moyens d’existence décents.

  Christel Chaineaud, Presses Universitaires de Bordeaux, 2014.

http://www.lgdj.fr/theses/233808834/protection-sociale-contemporaine-veuve-1870-1945