Femme engagée, socialiste, pacifiste, féministe et très active sur le plan professionnel, Marguerite Thibert (1886-1982) a traversé une bonne part du XXe siècle. Docteure ès lettres en 1926, elle devient fonctionnaire au Bureau international du travail, en charge du travail des femmes et des enfants, puis experte envoyée en mission dans les pays émergents, avant d’être en France une figure centrale du Comité du travail féminin.

Françoise Thébaud adopte, pour raconter la vie de cette femme exceptionnelle, une démarche originale : elle propose une biographie impersonnelle et collective, qui aborde des pistes multiples. Avec Marguerite Thibert, nous comprenons l’histoire des communautés scientifiques de l’après-Grande Guerre et de la première génération de femmes diplômées, celle des organisations internationales, de leurs politiques de genre et de leurs programmes d’assistance technique après 1945, celle des féminismes dans leurs dimensions nationales et internationales, celle des configurations successives des socialismes et des pacifismes, celle des mutations sociales et politiques de la France d’après 1945, celle enfin du monde global, dont la protagoniste se sentait solidaire. Un parcours et un ouvrage fascinants à tous égards.

  • Françoise THEBAUD, Belin, A PARAÎTRE LE : 11/10/2017Thibert_couvOK

Karen Offen offers a magisterial reconstruction and analysis of the debates around relations between women and men, how they are constructed, and how they should be organized, that raged in France and its French-speaking neighbors from 1870 to 1920. The ‘woman question’ encompassed subjects from maternity and childbirth, and the upbringing and education of girls to marriage practices and property law, the organization of households, the distribution of work inside and outside the household, intimate sexual relations, religious beliefs and moral concerns, government-sanctioned prostitution, economic and political citizenship, and the politics of population growth. The book shows how the expansion of economic opportunities for women and the drop in the birth rate further exacerbated the debates over their status, roles, and possibilities. With the onset of the First World War, these debates were temporarily placed on hold, but they would be revived by 1916 and gain momentum during France’s post-war recovery.

debating

Karen Offen, Cambridge University Press, 2017.

 

This is a revolutionary reinterpretation of the French past from the early fifteenth century to the establishment of the Third Republic, focused on public challenges and defenses of masculine hierarchy in relations between women and men. Karen Offen surveys heated exchanges around women’s ‘influence’; their exclusion from ‘authority’; the increasing prominence of biomedical thinking and population issues; concerns
about education, intellect, and the sexual politics of knowledge; and the politics of women’s work. Initially, the majority of commentators were literate and influential men. However, as more and more women attained literacy, they too began to analyze their situation in print and to contest men’s claims about who women were and should be, and what they should be restrained from doing, and why. As urban print culture exploded and revolutionary ideas of ‘equality’ fuelled women’s claims for emancipation, this question resonated throughout francophone Europe and, ultimately, across the seas.

Notre système onomastique, composé d’un nom de famille et d’un prénom, est le fruit d’une longue évolution qui a fait du « nom de famille » le support privilégié de l’identité d’appartenance et souvent un discriminant de celle des femmes par rapport aux hommes, ces derniers pouvant seuls le transmettre à leur descendance. Mais il est un autre élément du nom à savoir ce que nous appelons le prénom qui fut pendant des siècles le seul nom de l’individu, homme ou femme. Or ce nom propre donné à la naissance a pu signifier la moindre valeur des filles et donner également à voir une subordination des femmes. Que font les noms sexués aux personnes ? En quoi peuvent-ils avoir des effets sur la construction sociale du sexe ? Quand et comment les femmes ont-elles contesté notre système onomastique ? Ce numéro de Clio met en lumière les différentes formes de la subordination des femmes que traduit leur nom, aussi bien dans les sociétés européennes du passé que dans d’autres sociétés, ainsi que la révolution que constituent depuis les années 1970 les législations européennes égalitaires en matière de nom.

nom des femmes

 

 

Agnès FINE & Christiane Klapisch-Zuber

Clio. Femmes, Genre, Histoire, n°45 (juin 2017)

 

 

Suite à la visite de l’exposition « L’Art de la paix », organisée l’hiver dernier au Petit Palais avec les Archives diplomatiques, Mnémosyne a adressé la lettre ci dessous aux deux directeurs de ces institutions, nous n’avons malheureusement pas obtenu de réponse. Espérons néanmoins avoir été entendu…

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« Messieurs les directeurs des Archives diplomatiques et du Petit Palais,
Nous avons eu l’occasion de visiter la très belle exposition que vous avez organisé conjointement.
C’était un véritable plaisir de découvrir ces traités et autres documents sortis des collections des archives diplomatiques ainsi accompagnées par des œuvres artistiques qui en amplifiaient la dimension historique comme esthétique. Ce sont donc des visiteur.e.s en grande partie satisfait.e. qui s’adressent à vous. En grande partie seulement malheureusement car un aspect nous a profondément désolé. Alors que les métaphores féminines de la paix sont nombreuses sur les murs de l’exposition, qu’une salle intitulée « Affaires de familles » est consacrée aux mariages diplomatiques, l’exposition ignore totalement les apports de l’histoire des femmes et du genre. On peut regretter que cette approche ait été trop peu mobilisée, à propos justement « des affaires de familles » ou dans l’analyse des représentations de la paix et de la guerre, mais quand aucune femme ne figure parmi « les artisans de la paix », ni parmi « les penseurs de la paix » cela devient une grave lacune. Faut-il rappeler les noms de Christine de Pisan dont vous présentez un très bel exemplaire du Livre de la paix, mais aussi Bertha von Suttner, Marguerite Durand, Louise Weiss, Emily Greene Balch, Alva Reimer Myrdal  et bien d’autres encore.
Au nom de l’Association Mnémosyne pour le développement de l’histoire des femmes et du genre nous nous permettons de vous renvoyer à la journée d’étude que nous avions organisé en partenariat avec le Musée de l’Armée en 2013 et intitulée « Des Musées et des femmes »
https://mnemosyne-asso.com/journee-detudes-2013-2/
En espérant qu’à l’avenir vos institutions seront plus attentives à ne pas écrire une histoire uniquement masculine,

Veuillez, Messieurs les directeurs, recevoir l’assurance de nos plus cordiales salutations.

Mnémosyne, association pour le développement de l’histoire des femmes et du genre »

La Seconde Guerre mondiale a été marquée par une répression accrue des homosexuel.le.s dans de nombreux pays d’Europe. On sait moins que dans le même temps, certains États européens ont dépénalisé l’homosexualité, voire engagé des politiques permettant de comprendre pourquoi ce continent fait office de précurseur dans la lutte contre les discriminations.

En allant au-delà de la question des persécutions des homosexuels dont on connaît le rôle central joué par l’Allemagne nazie entre 1939 et 1945, cet ouvrage interroge pour la première fois le quotidien des femmes et des hommes homosexuels en temps de guerre. En faisant appel à des spécialistes européens de cette question, ce livre ouvre sur une autre histoire, marquée certes par la répression, mais teintée aussi d’engagement dans les armées en guerre, de résistance dans des réseaux clandestins, sans pour autant faire l’impasse sur la collaboration.

Il s’agit d’une première étude à l’échelle du continent européen qui nous permet de mieux comprendre, chapitre après chapitre, pourquoi la Seconde Guerre mondiale constitue une période charnière pour les homosexuel.le.s en Europe.

9782369425564

Régis Schlagdenhauffen, Julie Le Gac, Fabrice Virgili (dir.)

Nouveau Monde éditions, 2017

http://www.nouveau-monde.net/livre/?GCOI=84736100200230&

L’Appel de la Lune est un festival organisé depuis 2014, ayant pour objectif de réunir scientifiques et artistes autour d’une thématique d’actualité traversée par les femmes. Parce que les femmes sont sous-représentées dans notre société, qu’elles aussi subissent les problèmes liés à l’actualité, à la lumière de multiples oppressions.

Parce que nous en avions assez d’entendre parler de “la femme” comme une bannière sans couleur que l’on brandit et qui est censée nous représenter toutes, nous et nos problèmes. Au printemps 2016, le sujet des migrations a rassemblé une trentaine d’artistes, plasticien.ne.s, musicien.ne.s, acteurs et actrices, danseurs et danseuses et une dizaine de chercheuses, chercheurs et associations (dont Mnémosyne). Mais elle a aussi rassemblé près de 400 spectateurs et spectatrices, des rires, des larmes, et des moments mémorables.

En 2017, le festival a de nouveau lieu pour parler cette fois des femmes dans l’espace public.

Elles créent, elles collectionnent, elles soutiennent…

Femmes et arts de l’antiquité à nos jours

est en ligne

Première table ronde, Les créatrices, animées par Nathalie Ernoult (Aware, Centre Pompidou)

– Françoise Frontisi-Ducroux (Collège de France), La tisserande en Grèce ancienne : une artiste reconnue ?


Françoise Frontisi-Ducroux (Collège de France… par mnemosyne_asso
– Séverine Sofio (CNRS), Une période d’exception pour les artistes femmes : la parenthèse enchantée, 1750-1850


Séverine Sofio (CNRS), Une période d’exception… par mnemosyne_asso

 

– Cécile Debray (Musée national d’art moderne), Pionnières des avant-gardes
15h30-16h : Débats

Cécile Debray (Musée national d’art moderne… par mnemosyne_asso

 

Les Créatrices, questions et débat


Les créatrices, débat animé par Nathalie… par mnemosyne_asso

 

Seconde table ronde, les Médiatrices, animée par Julie Verlaine (Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne)

–       Kathleen Wilson-Chevalier (The American University of Paris), Patronnes et mécènes en France à la Renaissance


Kathleen Wilson-Chevalier (The American… par mnemosyne_asso

 

–       Charlotte Foucher Zarmanian (CNRS), Femmes et savoirs artistiques


Charlotte Foucher Zarmanian (CNRS), Femmes et… par mnemosyne_asso

 

–       Blandine Chavanne (Ministère de la Culture et de la Communication), Exposer les femmes artistes


Blandine Chavanne (Ministère de la Culture et… par mnemosyne_asso

– Les médiatrices, questions et débat


Les médiatrices, débat animé par Julie Verlaine… par mnemosyne_asso

Réalisation Luc Riff

Une jeune femme maghrébine, étudiante brillante, semble être la proie d’un séducteur-recruteur qui la manipule sur le net et veut l’attirer en Syrie. Sa professeure de « Civilisation et de littérature française », avertie par son frère, et ses parents sidérés, ont-ils le pouvoir de la sortir de cette emprise? Cette pièce ouverte à plusieurs langages scéniques, oscille entre le burlesque et le drame du départ des jeunes pour le Djihad.

http://www.editions-harmattan.fr/index.asp?navig=catalogue&obj=livre&no=52632

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Dominique Gauthiez-Rieucau, L’Harmattan, 2017

Contrairement aux idées reçues, c ‘est sous la Révolution française que les premières écoles publiques de filles voient le jour. Objet de débats, ces dernières constituent un espace de régénération visant à faire advenir un modèle de féminité républicaine. Sous l’Empire et la Restauration, s’affrontent en effet plusieurs conceptions de l’enseignement féminin prédominé par la morale. Bien que minoritaires, certaines expériences pédagogiques alimentent l’espoir d’un accès pour toutes à la citoyenneté.
En utilisant le concept de genre, Caroline Fayolle montre en quoi l’école participe à la fabrique conflictuelle des identités sexuées et politiques. Au cœur des pratiques étudiées, la division sexuelle du travail se révèle fondamentale pour interroger la mise à l’écart durable des femmes de la Cité.

http://cths.fr/ed/edition.php?id=7190

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Caroline Fayolle, CTHS éditions, 2017.